Jeudi en Prime : "On est en avance sur l'évolution de notre épidémie" selon un expert

Jeudi en Prime : "On est en avance sur l’évolution de notre épidémie" selon un épidémiologiste
Jeudi en Prime : "On est en avance sur l’évolution de notre épidémie" selon un épidémiologiste - © Tous droits réservés

C’est un Jeudi en Prime un peu particulier ce soir au vu du contexte actuel. A l’ordre du jour et sans surprise, le coronavirus et les nouvelles mesures qui viennent d’être décidées par le Conseil national de sécurité. Pour en parler trois invités en plateau : Maxime Prévot, le bourgmestre de Namur et président du cdH, Philippe Close (PS), bourgmestre de Bruxelles-Ville et Marius Gilbert, épidémiologiste et professeur à l’ULB.

Maxime Prévot demande, "en tant que bourgmestre", aux autorités plus de clarté. "Ce que l’on attend, c’est un message clair. Il y a 48h, cela partait dans tous les sens." Un besoin de clarté que partage Philippe Close: "On a besoin d’une méthode et de sang-froid. Ce qu’il faut éviter, c’est que les bourgmestres prennent des décisions de leur côté." Ils estiment également qu’il ne faut pas être dans une démarche où l’on interdit tout. "Il faut trouver le curseur entre ce qu’il est indispensable de faire et éviter de trop en faire pour accentuer la panique" déclare Maxime Prévot.

"Il faut prendre des mesures fortes maintenant"

Selon Marius Gilbert, "les mesures d’hygiène ne sont pas suffisantes. Il faut passer par des mesures fortes." Il affirme que les écoles doivent être fermées. "Il faut passer à une vitesse supérieure pour ne pas se retrouver dans la situation italienne". Mais il estime que la fermeture des frontières est, par contre, inutile.

"L’Italie, depuis le début, a toujours un temps de retard par rapport à l’évolution de son épidémie. Ce qui n’est pas notre cas. On a plutôt un temps d’avance sur l’évolution de notre épidémie. Et je pense que c’est l’une de nos forces. C’est l’une des raisons pour lesquelles il faut prendre des mesures fortes maintenant pour maintenir ce temps d’avance. On a cette chance de ne pas avoir été pris au dépourvu par une épidémie que l’on découvre. C’est ce que l’Italie a eu et depuis, elle court après son épidémie."

Pour cet épidémiologiste, il vaut mieux prendre des mesures fortes aujourd’hui et contenir l’épidémie, "quitte à adapter les mesures, à relâcher et adapter les choses", plutôt que de prendre de risquer "de laisser exploser la marmite et que nos soins de santé soient débordés."


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"Pour l’instant, j’ai l’impression dans la population et je le vois dans les administrations où les taux d’absentéisme n’explosent pas, les gens se responsabilisent aussi" souligne Philippe Close. "On va devoir faire appel à la solidarité des Belges."

Mais aussi une unité politique, "nous devons être orientés solution". L’essentiel est de faire en sorte que les décisions ne soient pas soumises à des variations entre nord et sud. "C’est l’intérêt du pays avant l’intérêt des partis" pour Maxime Prévot.

L'avis de l'épidémiologiste, Marius Gilbert, sur les mesures prises par la gouvernement