#Jenesuispasunvirus : des internautes français d'origine asiatique dénoncent une montée de racisme liée au coronavirus

Au Vietnam, un hôtel de Danang a refusé de servir des clients chinois, avant que les autorités ne lui demandent de retirer l'écriteau d'interdiction installé devant sa porte. Voilà l’un des exemples illustrant une vague de stigmatisation envers les Chinois suite à l’apparition du coronavirus à Wuhan.

Sur le web également, les commentaires pleuvent concernant les habitudes gastronomiques des Chinois. "Arrêtez de manger des chauves-souris", écrit un internaute de Thaïlande, première destination des touristes chinois. "Pas surprenant que les Chinois fabriquent de nouvelles maladies"renchérit un autre en postant une vidéo d'un homme mangeant de la viande crue. Pour dénoncer ces réflexions et la montée de racisme auxquels ils font face, une jeune femme visiblement française, qui a préféré garder l’anonymat, a créé le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus.  

Relayée par la réalisatrice Amandine Gray, cette internaute dit souhaiter "contrer la puanteur raciste ambiante". " Tout ça me touche personnellement", explique-t-elle. " J’ai pu lire des témoignages de personnes asiatiquetées qui par exemple se font insulter et virer du RER par d’autres passagers, ou de personnes qui se prennent des remarques du type ‘t’as pas mis ton masque’, une autre qui se fait montrer du doigt par un père de famille qui dit à son enfant, ‘fais attention au virus chinois’… J’ai pu lire d’autres commentaires décomplexés comme : ‘ça ne m’étonne pas que ce virus vienne de Chine, il n’y a tellement pas d’hygiène là-bas…' ". Et de poursuivre : "J’en viens même à me demander comment les gens pourraient réagir dans les espaces publics si jamais je toussais".

C'est "tout un faisceau d'images stéréotypées de l'inconscient collectif qui s'exprime", observe Mai Lam Nguyen-Conan, spécialiste des questions interculturelles et intervenante en entreprise interrogée par Le Monde. "Le virus exacerbe la peur d'être envahi par la Chine."

Au Canada, où trois cas de contamination ont été recensés, le maire de Toronto, John Tory, a regretté la "stigmatisationdes Canadiens d'origine chinoise et les fausses informations qui circulent.

En début de semaine, à Padang, dans la province indonésienne de Sumatra occidental, des touristes chinois ont été accueillis par des habitants brandissant une banderole pour les prévenir qu'ils n'étaient pas les bienvenus.

En Birmanie, les autorités ont effectué des tests de dépistage inopinés sur des travailleurs chinois dans la région de Sagaing (nord-ouest) après avoir été accusés par une élue régionale de propager la maladie. Aung May Yee, élue en question, a déclaré qu'il était de son "devoir national" d'informer les autorités de l'arrivée de cinq voitures d'ouvriers chinois sur le site d'un projet minier.

 

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