JM Javaux: "Les élections en 2019? Ce n'est pas non, je reste au service de mon parti"

Jean-Michel Javaux fut le co-président d’Ecolo. Aujourd’hui, il est toujours Ecolo mais un peu en retrait, se consacrant à sa charge de bourgmestre d’Amay, près de Huy et la présidence de Meusinvest, un holding privé-public d’investissement qui joue un rôle clé dans la région liégeoise. Il était l’invité du Grand Oral La Première Le Soir et se dit d’emblée choqué par la surmédiatisation du procès Wesphael.

" Je me demande comment on a pu trouver 12 jurés sortis d’une bulle pour ce procès. Tout est déjà dans la presse. J’ai été entendu comme témoin neutre, à la demande d’une des parties, et toute ma déposition est dans la presse. J’ai été surpris et choqué que le procès soit dans la presse avant que la justice fasse son travail. La surmédiatisation de cette affaire avant le procès n’est pas une bonne chose, qui m’inquiète pour de futurs procès. Il ne s’agit pas de limiter la liberté de la presse mais de voir ce qu’on laisse dans la sphère juridique, notamment parce que c’est la cour d’assises avec un jury populaire ".

"Un régime d’exception pour les prépensions chez Caterpillar"

Sur Caterpillar, Jean-Michel Javaux reconnait que le politique est parfois impuissant mais estime qu’il y a moyen d’aller plus loin. "Sur la réforme de la loi Renault, et bien sûr, il faut un régime d’exception pour les prépensions chez Caterpillar ! A l’époque, on avait prévu les prépensions en cas de restructuration forte et pas comme règle générale ". La Wallonie ? Elle va mieux selon lui, mais souffre d’avoir beaucoup de petites entreprises qui ne grandissent pas assez. " Meusinvest est là pour les aider à grandir. Mais oui on a besoin d’acteurs financiers privés, Belfius, Ethias, des fonds de pension, des assurances, Nethys évidemment, qui ont de grandes capacités financières et puissent être mobilisés pour soutenir l’activité wallonne. C’est le bon moment."

"Mais je soutiens aussi le gouvernement fédéral sur ce grand plan d’investissement stratégique, cela fait des années que plein d’acteurs, dont moi, le demandent. Je crois à un pacte ente les niveaux de pouvoir car ce sera nécessaire : regardez Ethias, Axa, Douwe Egberts, Ing.. on est à l’inverse de la politique d’austérité. Si on réinvestit dans les infrastructures, on va sauver des entreprises. Tous les niveaux de pouvoir peuvent comprendre cela ! On a su le faire sur BHV pour sauver la Belgique, on doit pouvoir le faire pour sauver l’économie du pays ".

Un avenir flou

Quid des élections régionales et fédérales de 2019 , en sera-t-il ? "Je n’ai aucune idée. Ce n’est pas non, je reste au service de mon parti. Je me trouve utile comme les colibris de Pierre Rabhi en travaillant sur le terrain économique liégeois. Je discute avec des tas de gens hors de mon parti. Benoit Lutgen est un de mes amis, qu’on discute ensemble, qu’on jette de nouvelles idées, c’est une bonne chose". Un nouveau parti ? Il botte en touche.

"Il faut se rendre compte de la valeur d’exemple"

Enfin, sur la polémique de la semaine, faut-il que le député Open VLD, Van Biesen, démissionne suite au "retour au Maroc" lancé à Meryame Kitir ? "Que ce soit une démission ou une sanction, le priver de salaire ou de pension, oui absolument ! Il faut se rendre compte de la valeur d’exemple, on est dans le palais de la nation et cet homme vient du parti de Guy Verhofstadt. Il faut marquer le coup. On n’est pas dans un petit dérapage. Si, dans un contexte où voit une montée forte du racisme, on a des élus qui commencent à jouer au potache dans des enceintes parlementaires".

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