Jean-Marc Nollet : "sortons du cadre pour sortir de la crise ! Automatisons les aides sociales, empruntons pour investir dans les emplois de demain"

"Il faut veiller à ne laisser personne au bord de la route". Ce vendredi matin, Jean-Marc Nollet coprésident d’Ecolo a insisté sur la Première pour que l’on mette davantage en avant une mesure face à la crise du coronavirus qui figure dans l’accord de gouvernement : l’automatisation de toutes les aides sociales. "Il y a parfois des difficultés à avoir accès à l’aide. Aujourd’hui, on constate qu’en moyenne un Belge sur trois qui y aurait accès ne l’obtient pas dans les faits. Alors pour ça il y a une mesure très simple – et bien entendu il faut informer mieux – c’est l’automatisation, comme pour la déclaration fiscale".


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Une automatisation possible "dès l’instant où l’on croise les différentes banques de données. On est en début d’année, c’est le vœu que je formule, automatisons le plus possible l’octroi des aides sociales".

Aller plus loin que le plan de redéploiement européen

Mais à côté de cela, note également Jean-Marc Nollet, il faut aussi que l’on puisse soutenir l’ensemble des secteurs pour se redéployer. "On a une opportunité, c’est le plan de redéploiement et de résilience européen, mais les 5 milliards (presque 6) seront totalement insuffisants. Il faut sortir du cadre ! Ce n’est pas en faisant des économies qu’on va s’en sortir, au contraire c’est en investissant. Ces moyens-là doivent être cherchés en – dehors des budgets actuels. C’est pour ça que j’en appelle à sortir du carcan actuel, il faut oser ! Les taux d’intérêt sont actuellement très faibles voire même négatifs pour les autorités publiques : pourquoi se priver de ces moyens-là, alors que c’est maintenant qu’il faut investir pour aller chercher les emplois de demain. Dans l’accord de gouvernement, c’est signé, on doit aller vers 3,5% d’investissement public en 2024, ça nécessite d’aller bien au-delà".

Donner des perspectives aux différents secteurs

A l’image d’autres femmes et hommes politiques, le coprésident d’Ecolo insiste également pour qu’on donne des perspectives aux secteurs particulièrement touchés par la crise du Covid : "vous savez le gouvernement y travaille ! Je sais que dans toutes les réunions on envisage ces choses-là".

Mais Jean-Marc Nollet refuse d’ajouter en paraphrasant Jean-Luc Crucke, "du bruit au bruit". "Le secteur de la culture, 250.000 personnes qui sont à l’arrêt, ça me manque autant que les coiffeurs ! Mais je ne vais pas faire de déclaration alors que je sais que cela doit faire l’objet d’un consensus au sein du comité de concertation ! I il y a la nécessité de parler à ces secteurs-là, de pas seulement dire on gère le volet sanitaire".

Et de plaider pour qu’une temporalité soit établie, avec une gradation, selon les chiffres qu’on attend au niveau sanitaire. "Ce qui ne va pas actuellement c’est qu’on donne l’impression qu’il n’y a rien qui est fait et qu’il faut absolument crier pour que ce soit fait".

Chez nous, certains partis remettent en question les fondements de la démocratie

Interrogé par Thomas Gadisseux, Jean-Marc Nollet est en outre revenu sur les événements du Capitole, avec une mise en perspective belge.

"Chez nous, certains partis remettent en question les fondements mêmes de la démocratie […] et je crains que ce qu’on a pu voir en Hongrie ou en Pologne se répercute ici si on ne renforce pas la démocratie". Chaque pays a des circonstances différentes. Mais quand aujourd’hui certains disent que le gouvernement n’est pas représentatif alors qu’il y a une majorité de la Chambre qui l’a soutenu (propos de la N-VA) ça pose problème!"

 

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