Jean-Marc Nollet (Ecolo) : "Alors que la planète brûle, le cdH se regarde le nombril"

Les membres d’Ecolo se sont réunis ce mercredi soir. La majorité d’entre eux ont donné leur accord pour entamer une rencontre exploratoire avec le MR. Or, les Verts ne seraient pas indispensables dans une tripartite Arc-en-ciel en Wallonie. Après une campagne très dure avec le MR, comment assumer de gouverner la Wallonie dans cette configuration ? Jean-Marc Nollet, coprésident d’Ecolo, était l’invité de Thomas Gadisseux ce mercredi matin.

Le Coquelicot n’était pas une perte de temps, Jean-Marc Nollet en est persuadé. "Au contraire, revendique-t-il. Je pense que le travail qui a été effectué, et notamment les documents qui ont été produits avec la société civile, 133 contributions, sont des documents riches. Des orientations s’en dégagent. Un cap très clair dans la lutte contre les inégalités sociales, contre le dérèglement climatique, en matière de redéploiement économique, ou de gouvernance." L’écologiste souligne en outre l’originalité de l’association entre partenaires politiques et société civile.

La pilule orange passe mal

Pourtant, Rouges et Verts savaient qu’ils n’avaient pas de majorité nécessaire à la formation d’un gouvernement. "On a essayé de faire quelque chose. Nous avons pris nos responsabilités, et nous nous sommes tournés vers l’ensemble des forces politiques, rappelle Jean-Marc Nollet. Je veux insister sur la responsabilité politique dans laquelle on est à cause du cdH. On appauvrit la démocratie. La responsabilité des politiques est de trouver des solutions. On a l’impression, alors que la planète brûle, que le cdH se regarde le nombril", lâche-t-il.

Comme le répétait Alda Greoli (cdH) ce mardi dans le même micro, les humanistes ont préféré assumer leur place d’opposition suite à une défaite de leurs élections. "Lorsqu’en 2014, les Ecolo ayant perdu les élections, ont choisi l’opposition, personne n’a dit que le vote Ecolo était inutile", avait-elle signalé. "Cela nous est déjà arrivé aussi, confirme Jean-Marc Nollet. Mais j’en veux au cdH de ne pas avoir essayé d’entrer dans la discussion de contenu, d’être resté sur une posture orientée vers des préoccupations internes", se justifie-t-il.

Tout faire plutôt que tout fuir

Le coprésident d’Ecolo souligne en outre la situation "fondamentalement différente" selon lui : "En 2014, nous avions quatre députés. Ils en ont dix. Plus de deux fois plus. Et en 2014, nous nous montrions ouverts et disponibles. Le cdH a pris la décision de confier les clés de la Wallonie au MR et au PS pour des raisons purement internes." Et de rappeler la déclaration de Josy Arens qualifiant son parti de "groupe de pression".


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Ouvrir la porte au MR revient-il à faire machine arrière pour Ecolo ? "Non, répond Jean-Marc Nollet. La décision d’Ecolo, c’est de tout faire pour que ce qui a déjà été écrit puisse se traduire dans un éventuel accord de gouvernement. Tout faire, plutôt que tout fuir comme le fait le cdH. Cela ne veut pas dire que l’on y arrivera, mais nous allons tout donner pour", promet-il.

Se joindre aux socialistes et aux libéraux est inévitable, "puisqu’il n’y a plus que cela comme possibilité, convient Jean-Marc Nollet. Mais si tout est jeté à la poubelle, que le cap donné par ces documents est balayé, ce sera sans nous, soyons clairs. On va pas perdre du temps pour rien", prévient-il tout de même.

 

On n’oublie rien, on vit avec

Les invectives lancées durant la campagne seraient-elles loin derrière ? Faut-il oublier la marionnette brandie par Jean-Marc Nollet devant Charles Michel ? Le clip de campagne des libéraux accusant les écologistes de vouloir taxer la viande ? "Non. On vit avec. Ce sont des choses qui se sont déroulées, on ne peut pas faire comme si cela n’avait pas existé", admet-il.

Jean-Marc Nollet se montre donc prudent quant à une éventuelle formation PS-MR-Ecolo. Malgré son accord pour entamer les discussions, le parti demeure en pleine réflexion. "Cette réflexion traverse tout un chacun, et moi y compris, précise le coprésident. C’est toujours une question de balance. Prendre ses responsabilités, c’est voir si l’opportunité est suffisante ou pas. Nous estimons qu’il y a peut-être un chemin, mais qu’il faut aller vérifier ce que le MR envisage de mettre sur la table", explique-t-il.

Le MR également favorable

Si personne ne se risque à annoncer une quelconque formation pour l’instant, le ministre président wallon sortant et négociateur Willy Borsus (MR) s’estime prêt à entamer les discussions lui aussi. Mais il prévient, cela prendra du temps : "On a perdu pas mal de temps à tenter un gouvernement avec les communistes, à explorer des gouvernements minoritaires, ou encore d’autres formations. Je pense qu’il est temps de se mettre au travail, mais il est clair qu’un travail sérieux implique toujours un peu de temps. Il ne pourra pas se faire en quelques jours".

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