Jean-Marc Nollet (chef du groupe Ecolo-Groen): "Je veux que le MR lève son veto (sur l'IVG) d'ici mardi"

Député fédéral, chef du groupe Ecolo-Groen à la Chambre, Jean-Marc Nollet est ce samedi 21 avril l’invité du Grand Oral RTBF-Le Soir sur La Première. Dans le dossier du photovoltaïque, il n’accepte pas le principe d’une taxe telle que proposée par le groupe de travail présidé par Damien Ernst. A propos du débat sur la sortie de l’IVG (interruption volontaire de grossesse) du code pénal, il lance un appel aux libéraux.

Le député fédéral Ecolo a été entendu jeudi 19 avril par une commission d’enquête sur le nucléaire de l’Assemblée nationale, en France. Il revient d’abord sur cette audition en tant que témoin : "Oui, il y a un problème de sécurité nucléaire lié à une menace terroriste. La Belgique est encore un des rares pays qui travaillent avec de l’uranium hautement enrichi, qui permet de faire une bombe atomique", explique-t-il.

"Mon propos n’est pas de faire peur mais de renforcer la protection. A Doel 4, il y a eu un acte de sabotage qualifié de terroriste par les responsables de l’OCAM à l’époque, quelqu’un de l’intérieur qui a libéré 65.000 litres d’huile lubrifiante pour la turbine à vapeur qui a continué à tourner et qui a failli sortir de son axe. 40 mois après, on ne connaît toujours pas le nom de la ou des personnes et le mobile", regrette le député Ecolo. Il termine sur ce point : "Le top de l’Agence (fédérale de contrôle nucléaire) est toujours dans la minimisation des risques, dans le propos aseptisé. Ces mêmes phénomènes de déni, de loi du silence, on les retrouve aussi en France".

Sortir du nucléaire

Pour le parlementaire Ecolo, ces arguments liés à la sécurité et à la sûreté nucléaire plaident aussi en faveur d’une sortie du nucléaire. "Oui, quitter le nucléaire en 2025, la réponse est affirmative, c’est possible", répond Jean-Marc Nollet. "Et ce ne sont pas que les écologistes qui le disent. Elia, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, l’affirme aussi, chiffres à l’appui. Mais il faut investir, c’est inévitable".

"Le moment charnière sera la déclaration de politique gouvernementale de 2019", prévient Jean-Marc Nollet. "Si celle-là confirme une dernière fois la loi Deleuze de 2003, alors on est bon. Parce que c’est sous la législature 2019-2024 que les premières centrales seront fermées et que les investissements seront réalisés".

Le dossier du photovoltaïque

Autre dossier chaud dans le secteur énergétique, celui de la bulle des certificats verts liée aux mécanismes de soutien à l’achat et à l’installation de panneaux photovoltaïques : une dette de 2 milliards d’euros. "Je regrette que le gouvernement actuel ait attendu si longtemps pour s’attaquer à ce problème. On a perdu 3 ans", commente d’abord Jean-Marc Nollet.

Interrogé sur sa propre responsabilité dans ce dossier, lorsqu’il était ministre, il défend son action : "La première mesure que j’ai prise en 2009, c’était de mettre fin à une partie du système installé par mon prédécesseur André Antoine (cdH). Qu’est-ce que j’ai reçu comme critiques à l’époque", rappelle-t-il !  "Il m’est reproché d’avoir pris quelques mois de concertation, de ne pas être allé assez vite".

Et aujourd’hui, soutiendrait-il l’imposition d’une taxe annuelle forfaitaire de 45 à 50 euros comme le propose la task force, le groupe de travail présidé par le professeur Damien Ernst ? "Attendons de voir le texte", temporise le chef de groupe Ecolo-Groen. "Le mécanisme doit évoluer car aujourd’hui les énergies renouvelables sont compétitives mais il y a des choses que je ne comprends pas. Je ne partage pas, je n’accepte pas le principe de la taxe".

L’IVG et le code pénal

C’est la ministre cdH Alda Greoli qui a remis le sujet de l’IVG à l’agenda en affirmant d’abord que le cdH était pour une sortie de l’avortement du code pénal, en précisant ensuite que c’était une position personnelle. Jean-Marc Nollet réagit et ironise : "Ecolo est pour une sortie de l’IVG du code pénal. L’IVG est un droit, ce n’est pas une infraction. Mais le vrai problème, ce n’est pas tant le cdH qui réfléchit, c’est le MR, les libéraux, enfin ceux qu’on appelait les libéraux…"

Jean-Marc Nollet explique : "Une majorité existe au Parlement. Il y a une majorité de députés qui sont prêts à voter un texte qui sort l’IVG du code pénal. Ce n’est pas le cdH qui empêche cela, ils réfléchissent. Celui qui met son veto, c’est le MR ! C’est une question éthique, on peut en discuter. Avec ce genre de raisonnement comme tient le MR, il n’y aurait pas eu l’euthanasie en Belgique ou le mariage pour tous".

Et le chef du groupe Ecolo-Groen de lancer un appel : "Je voudrais mettre le MR devant ses responsabilités. On a rendez-vous mardi. L’agenda de la commission de la justice permet l’inscription dans les semaines qui viennent du débat sur les différents textes qui ont été déposés, dont celui de Muriel Gerkens (la députée Ecolo a déposé une proposition de loi). Le MR est en train de bloquer un débat pour lequel il y a une majorité sociale et politique".

"Le rendez-vous, il est mardi", répète le chef du groupe Ecolo-Groen à l’adresse du MR. "C’est une nouvelle illustration du fait qu’au sein du MR, ce sont les conservateurs qui ont pris la main, ceux qui sont tentés par la N-VA. Je veux que le MR s’engage à lever son veto d’ici mardi".

L’interview de Jean-Marc Nollet a été réalisée par Bernard Demonty, chef du service politique au journal Le Soir, Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information à la RTBF, et Jacques Crémers, chef de rédaction de La Première/RTBF.

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