Jean-Marc Nollet: "Ce n'est pas notre volonté mais nous sommes prêts en cas de nouvelles élections"

Jean-Marc Nollet: "Ce n’est pas notre volonté mais nous sommes prêts en cas de nouvelles élections"
Jean-Marc Nollet: "Ce n’est pas notre volonté mais nous sommes prêts en cas de nouvelles élections" - © Tous droits réservés

Le "missionnaire" Koen Geens fait rapport au Roi ce lundi midi. Il sera plus que probablement reconduit dans sa mission royale. Mais pour explorer quelle(s) piste(s) ? Quelle(s) solution(s) ? Invité sur Matin Première ce lundi, le co-président d’Ecolo Jean-Marc Nollet espère encore éviter les élections. Même si les écologistes se disent prêts à ce scénario: "D’un point de vue budgétaire, on est tout à fait prêt; du point de vue du programme également. Mais ce n’est pas la volonté de provoquer les choses au contraire, nous voulons apporter des solutions".


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Un plan B pour Belgique

Pour Jean-Marc Nollet, il est temps de passer au "plan B pour Belgique": "Pendant 218 jours, ce qui a été travaillé, c’est la piste PS- N-VA.  On y a passé trop de temps comparé aux 34 jours passés à chercher une alternative". D’autant que, comme le souligne le co-président d’Ecolo, que le président du MR Georges-Louis Bouchez a lui-même enterré cette possible alliance entre socialistes et nationalistes: "Je pense qu’on a franchi un cap avec les propos de Georges-Louis Bouchez".

Un cap qu’aurait franchi aussi Koen Geens ? En tout cas, les Verts confirment avoir eu des contacts encore ce week-end avec celui que le Roi a chargé de la mission sonnant comme celle de la dernière chance. Dans quel but ? Visiblement pas pour convaincre Jean-Marc Nollet de continuer vers une piste envisagée avec la N-VA. "J’ai fait une débat public avec Bart De Wever", explique l'écologiste. "Et la conclusion a été tirée par le président de la N-VA lui-même: 'Nous n’irons jamais dans un gouvernement avec Ecolo et même pas dans mille ans' a-t-il dit".

Koen Geens serait donc en train d’explorer d’autres pistes. Jean-Marc Nollet n’en dira pas plus, tenu au secret des discussions en cours.

" Rassembler toutes les femmes et hommes politiques qui aiment ce pays et qui veulent lui donner un avenir "

Le co-président d’Ecolo livre en tout cas sa solution, son plan B pour enfin sortir de cette crise: "Ce qu’on pourrait imaginer dans ce plan B, c’est de rassembler toutes les femmes et hommes politiques qui aiment ce pays et qui veulent lui donner un avenir. Ils pourraient se retrouver autour d’un programme recentré autour de quatre axes dont celui de la transition: le Green Deal, qui a été initié en quelques semaines au niveau européen, pourrait être décliné au niveau belge avec les mêmes familles politiques".

Cette majorité alternative, la Vivaldi par exemple, ne ferait pour Jean-Marc Nollet que refléter ce qui est déjà en train de se produire au Parlement: "Quand la N-VA claque la porte en décembre de l’année dernière, le pacte des migrations a été adopté par une majorité alternative, avec les Verts, les libéraux, les socialistes et le CD&V. Quand il a fallu voter les Douzièmes provisoires, nous étions au rendez-vous aussi". Mais sans la N-VA, cette majorité alternative ne risque-t-elle pas d’oublier le million d’électeurs des nationalistes flamands ? Une question à laquelle Jean-Marc Nollet répond par un sondage: "En Flandre, il n’a que 16% de séparatistes. Les sondages le disent clairement: la N-VA recoupe beaucoup plus large que simplement le séparatisme".

Jean-Marc Nollet se veut donc optimiste et croit en la capacité de Koen Geens de convaincre son parti et le reste des acteurs: "Pour le moment, ce sont des majorités qui se construisent dossier par dossier. On pourrait très bien passer de cette logique 'dossier par dossier' et aller dans majorité structurée, stabilisée, qui donne un avenir à ce pays. Et quand on regarde les propos qui ont été échangés précédemment, on peut se dire qu’on va aller vers ça un jour ou l’autre".

Le retour à l’équilibre budgétaire : "Pas avant l’échéance de la législature voire au-delà"

Il y a quelques jours, on apprenait que le déficit budgétaire approchera les 2,4 % du PIB en 2020, soit 12 milliards d'euros. Question budget, Jean-Marc Nollet se veut donc beaucoup plus pessimiste car même avec un nouveau gouvernement, le retour à l’équilibre, ce ne sera pas pour tout de suite : "Voire même au-delà de l’échéance législature. Parce qu’effectivement, se dire que le retour à l’équilibre en 2021 ou 2022 est nécessaire, c’est prendre une responsabilité énorme par rapport aux entreprises qui doivent pouvoir se déployer, par rapport au secteur de la transition énergétique qui nécessite beaucoup investissements, et par rapport aux citoyens. Nous ne voulons pas augmenter l’impôt des citoyens", martèle l’écologiste qui ne manque pas de pointer la responsabilité du précédent gouvernement: "Le gouvernement sortant MR-N-VA avait promis le retour à l’équilibre budgétaire en 2018. Il s’est largement trompé. MR et N-VA sortent de 4 ans de gouvernement avec la même situation que celle dont ils avaient hérité au départ".

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