Jean-Luc Crucke (MR): "Nous sommes dans une phase d'exploration profonde pour la formation du gouvernement wallon"

Certains annonçaient un gouvernement wallon pour fin juillet, mais toujours pas de fumée blanche alors que la trêve estivale s’annonce. Le trio PS-Ecolo-MR a-t-il néanmoins enregistré des avancées ou au contraire achoppe-t-il toujours sur des points de blocage ?

Selon Jean-Luc Crucke (MR), ministre wallon sortant du Budget, il s’agit "d’une phase exploratoire profonde". "On m’a signalé qu’il fallait recréer de la confiance entre les différentes formations politiques et ces rencontres servent à cela. Je crois qu’il faut pouvoir avancer. Ce que le citoyen demande, c’est qu’un gouvernement soit formé et l’urgence, elle est là."

Les discussions avancent, précise-t-il, et ils "vont plus loin dans les débats, dans les rencontres, dans les recherches de synergie." "Mais la procédure est ce qu’elle est. Il y a un temps pour tout, mais à un moment donné il faut passer à la vitesse supérieure", insiste-t-il.

D’un côté on retrouve donc la note Coquelicot, proposée par PS-Ecolo, de l’autre le programme du MR. Ces différences et divergences sont pourtant positives selon lui. "Cette différence fait qu’il y a le besoin de rechercher l’intérêt général. On n’est pas au bout de cette réflexion, mais je sens bien qu’il y a beaucoup plus de possibilités de réussir que d’échouer."

"Faire preuve de bon sens, de pragmatisme"

Mais comment trouver le juste milieu sur certains dossiers? Par exemple, sur le tronc commun dans l’enseignement. Dans la note Coquelicot, on propose un tronc commun jusqu’à 15 ans. Côté MR, on préfère le diminuer de 2 ans. "Ce que je vais vous dire est à titre personnel. Je crois qu’il faut faire preuve de bon sens, de pragmatisme. Permettre à un élève d’avoir un enseignement classique, le plus loin possible, est toujours une bonne chose. Par contre, pour ceux qui ont des parcours différents, qui veulent des parcours différents ou qui ont des sensibilités différentes, si on peut le faire avant, et on sait qu’il y a un besoin, faisons le avant. Il faut enlever ces casquettes d’idéologues, ce ne sont pas celles-là qui donnent, demain, du pain, qui font, demain, du travail et qui permettent d’être efficace et efficient. Laissons aux écrivains la plume", explique-t-il.

Ces divergences de point de vue n’apparaissent donc pas comme un point de rupture, selon lui. Autre exemple, l’Assurance autonomie. Le MR préfère qu’elle se passe sur base forfaitaire, coté PS-Ecolo, on parle d’une assurance sur base contributive. Jean-Luc Crucke en est certain, ils peuvent trouver un terrain d’entente.

"Il y a une urgence climatique et économique mais aussi une urgence sociale. On ne peut pas laisser des personnes qui sont dans la pauvreté sur le coin du chemin. On ne réussira pas demain une politique ambitieuse sans une aide à l’égard de ces personnes-là aussi."

J’ai toujours dit que je voulais une large majorité à trois pour prendre des réformes en profondeur

Le MR est incontournable en Wallonie et se retrouve en position de force. "On a trop longtemps ignoré le MR, qui est la deuxième force politique de Wallonie, francophone, très proche du PS, même s’il y a eu pour l’un comme l’autre une défaite. On a perdu trop de temps à vouloir ignorer le MR. Je sais ce que nous sommes comme libéraux, à la fois des gens offensifs et respectueux des autres."

Ecolo de son côté s’interroge encore sur sa participation ou non au gouvernement wallon. "Par rapport à ma sensibilité, j’ai toujours dit que je voulais une large majorité à trois pour prendre des réformes en profondeur, que ce soit sur le plan éthique, de la gouvernance et pas seulement sur le plan climatique et économique. C’est ça l’urgence, il faut avancer."

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En ce qui concerne le fédéral, il y a eu, jeudi, une tentative d’avancer, avec une réunion au sommet entre la N-VA, le PS et les informateurs. Réunion qui semble finalement avoir capoté. "Il va falloir que les hommes d’Etat acceptent de se mettre autour de la table. Ce n’est pas parce que ça n’a pas réussi hier que ça n’ira pas. Il y aura, lundi, un rapport et les informateurs prendront la parole."

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