Jean-Luc Crucke confiant sur la mission royale d’Egbert Lachaert : "C’est la bonne"

Le ministre wallon du Budget (MR) Jean-Luc Crucke était l’invité de Matin Première ce vendredi 27 août.

Au micro de Rudy Hermans, il a évoqué la mission d’Egbert Lachaert (Open Vld), qui tente de former une coalition fédérale et qui doit faire son rapport au roi, ce vendredi. Mais après de nombreux échecs et quinze mois après les élections, cette nouvelle mission sera-t-elle celle de la sortie de crise ?

Il a été également question de l’impact de la crise du coronavirus sur les finances de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Enfin, le ministre wallon a été questionné sur la situation de l’ex-ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) suite aux révélations dans l’affaire Chovanec. La position de l’actuel ministre-président flamand est-elle tenable à ses yeux ?

Vers une Vivaldi ?

Jean-Luc Crucke s’est montré confiant des suites de la mission actuelle menée par Egbert Lachaert (Open Vld). Il juge que cette mission "est la bonne" et rappelle que le président des libéraux flamands a indiqué la voie vers la formation d’une coalition "Vivaldi" au fédéral, laissant donc de côté la N-VA. Cependant, le ministre wallon du Budget estime qu’il faut "rester prudents" car "nous sommes sur le chemin mais la ligne d’arrivée n’est pas franchie".

"Je crois réellement que nous sommes à un carrefour des vérités" avec "deux schémas", explique le libéral. Le premier schéma serait "un schéma conservateur dans lequel on voudrait continuer à détricoter ce pays, à l’amocher". Le deuxième schéma serait élaboré autour de "partis plus progressistes, peut-être plus frondeurs aussi mais qui veulent moderniser le pays, qui veulent aussi prendre un certain nombre de risques pour ancrer ce pays, les régions aussi, dans ce qu’on appelle le 21e siècle".

Une formule qui "demande de l’audace" mais pour Jean-Luc Crucke "on est capables de ça entre libéraux, socialistes, Ecolo et pourquoi pas avec le CD&V". Une coalition Vivaldi, donc. Cette configuration impliquerait dès lors de pouvoir convaincre les chrétiens flamands à prendre leurs distances avec la N-VA pour former une coalition fédérale. "J’ai quand même entendu […] un responsable de la N-VA parler d’une coalition de rêve, si j’ai bien compris, pour 2024 avec l’extrême-droite. Je ne veux quand même pas croire que le CD&V a cela en tête".

Quatre régions fortes et un pays fort

Par ailleurs, cette "Vivaldi" impliquerait qu’il n’y aurait pas de majorité côté néerlandophone à la Chambre. Une situation dénoncée par le président de la N-VA, Bart De Wever. Le ministre libéral propose de raisonner autrement. "Est-ce que dans une majorité de ce pays, on veut réellement un schéma où on s’occupe et de la crise […], d’une relance économique et de la sécurité sociale. On réunit les gens plutôt que de passer notre temps à les diviser les uns contre les autres", demande-t-il.

Le régionaliste convaincu estime par ailleurs que sa vision régionaliste ne se heurte pas aux positions "belgicaines" de son prédisent de parti, Georges-Louis Bouchez. "Je ne suis pas quelqu’un qui veut qu’on casse ce pays. J’ai souvent dit quatre régions fortes et un pays fort". Pour Jean-Luc Crucke, oui il faut rationaliser, "mais avec bon sens".

Situation financière de la Wallonie suite à la crise du coronavirus

Le ministre wallon de l’Economie est aussi revenu sur la situation financière compliquée de la Wallonie en raison de la crise du coronavirus. Une facture qui est évaluée actuellement à environ 1,8 milliard. C’est à peu près le même montant qui a été évalué pour la Communauté française. Comment les francophones vont-ils pouvoir se relever de cette situation économique très difficile ?

Pour Jean-Luc Crucke les finances "ne sortent pas de la route", et il estime qu’il faudra continuer à faire des investissements publics pour "sauver la maison". Et une relance est même prévue à hauteur de 400 millions d’euros en Wallonie. Pour le ministre wallon, la décision de l’Europe de créer une "dette européenne" afin d’aider les Etats permet notamment cette relance.

Avec la perspective de ne plus bénéficier des transferts nord-sud, le ministre wallon estime que c’est grâce à cette relance que la Wallonie pourra faire face à la situation. Le défi climatique est l’autre grand enjeu qu’il juge important de prendre en compte pour permettre aux jeunes d’affronter l’avenir.

Jan Jambon et l’affaire Chovanec

Enfin, Jean-Luc Crucke était interrogé sur les suites de l’affaire Chovanec, du nom de Jozef Chovanec, ce ressortissant slovaque décédé à Charleroi en février 2018 dans des circonstances qui doivent encore être éclaircies suite à des images montrant des signes de violences policières.

Le ministre wallon n’a pas souhaité indiquer s’il démissionnerait dans la position de Jan Jambon, alors ministre de l’Intérieur qui dit qu’il "ne se souvient pas" avoir été informé de la mort de Jozef Chovanec.

Concernant les violences policières, il a également indiqué qu’il ne voulait "pas généraliser" mais "lorsqu’il y a une pomme pourrie il faut aussi oser pouvoir le dire, il n’y a pas par rapport à ça de laxisme possible", a-t-il enfin insisté.

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