Jean-Louis et Huguette ont retrouvé leur seconde résidence en France : "C'est le bonheur"

D’ordinaire, ils aiment retrouver leur seconde résidence, dans les Cévennes, dès le 15 mai, une fois la saison froide et humide terminée. Mais cette année, coronavirus oblige, Huguette et Jean-Louis Cornet ont bien dû s’adapter et retarder d’un mois leur arrivée dans le sud de la France.

On s’est posé pas mal de questions jusqu’à ce qu’on entende qu’on pouvait revenir le 15 juin

Si le confinement s’est, de leur propre aveu, bien passé en Belgique, il leur tardait tout de même de retrouver leur propriété, leur lieu de vacances depuis 18 ans maintenant. "Un mois avant le déconfinement, la crise restait majeure, on se demandait comment faire pour que notre maison ne se dégrade pas. Nous avons pensé demander à un jardinier de venir tout débroussailler. La nature est très envahissante ici, nous redoutions que sans entretien les travaux soient d’autant plus importants l’an prochain. On s’est posé pas mal de questions jusqu’à ce qu’on entende qu’on pouvait revenir le 15 juin", explique Jean-Louis Cornet, hydrogéologue dans la région de Liège.

Ni une ni deux, le 15 juin à 2 heures du matin, le couple prend la route en direction des Cévennes. Un voyage d’une douzaine d’heures avec au bout du compte le bonheur de se retrouver chez soi. "C’est très gai", sourit Huguette, "j’ai l’impression qu’il n’y a pas si longtemps que je suis partie. C’est comme si j’étais venue la semaine dernière. Je suis ici chez moi comme en Belgique. Ce n’est pas comme dans une maison de vacances."

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Saint-Martin-de-Lansuscle, au beau milieu du Parc national des Cévennes. © Tous droits réservés

C’est un peu la jungle

A l’arrivée, le rituel est le même à chaque fois : il faut ouvrir les volets des fenêtres et des portes, brosser la terrasse, dépoussiérer, ranger les bagages et bien sûr entretenir le jardin. "Il y a du travail, c’est sûr, mais nous sommes vraiment contents d’être là. Ici, le décor est différent de la Belgique et c’est une autre façon de vivre", explique Huguette.

Leur village, Saint-Martin-de-Lansuscle, se situe en effet à une demi-heure du premier commerce et ne compte qu’une centaine d’habitants, répartis sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés, à flanc de colline. Dans ce hameau, on n’entend que le chant des oiseaux et une petite cascade en contrebas.

"Ici, les animaux vivent en libertéSi vous ne voulez pas qu’ils viennent chez vous, il faut s’en prémunir en installant des barrières. C’est en fait l’inverse de chez nous, où on garde nos animaux enfermés. Les grilles que nous avons installées ont bien tenu, il n’y a pas de dégâts sur notre propriété. Il n’y a pas de sanglier dans la piscine", plaisante le septuagénaire alors qu’il fait le tour de son jardin très touffu en cette mi-juin. "Le premier jour, c’est un peu la jungle mais dans 15 jours tout sera tondu, ce sera très agréable", sourit-il.

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Même si elle estime que le confinement n'a pas été une épreuve, Huguette est heureuse de retrouver ses rosiers et la vue imprenable sur les Cévennes depuis son jardin. © Tous droits réservés

Candidat aux municipales

Si Jean-Louis et Huguette ont décidé de revenir dès le 15 juin, c’est aussi pour une autre raison : pour la première fois, Jean-Louis se présente cette année sur une liste électorale. Ce sera celle du maire de Saint-Martin-de-Lansuscle. "Je n’avais pas eu l’occasion de venir me présenter au premier tour, en mars, parce que c’était la veille du confinement. Nous ne sommes donc pas descendus, de peur de ne pas pouvoir remonter et si je ne suis pas passé au premier tour, c’est parce qu’il m’a manqué deux voix : la mienne et celle de mon épouse !".

Ses espoirs reposent donc sur ce second tour et il croit en sa chance, car Jean-Louis est soutenu par le maire. "Je lui ai demandé de figurer sur ma liste pour représenter les personnes possédant ici une résidence secondaire", explique Pierre Plagne, maire du village et agriculteur local. "Elles représentent 60% de la population donc c’est important que quelqu’un les représente. Ils apportent pas mal d’argent à la commune, ils entretiennent des maisons, ils aident les agriculteurs à s’installer en mettant à disposition leurs terres agricoles". Ces propriétaires sont des Français ayant hérité d’une maison de famille, mais il y a ici aussi des Allemands, des Anglais, des Belges et une famille suisse.

"Ce qui m’a plu, c’est que la mairie s’occupe de tout, de l’enseignement, de l’alimentation en eau du village, de la récolte des déchets ou des murs qui s’effondrent", raconte Jean-Louis, enthousiaste. "C’est petit et on connaît tout le monde, c’est vraiment de la politique de proximité."

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Jean-Louis en discussion avec le maire du village. © Tous droits réservés

Jean-Louis connaît tout le monde mais tout le monde ici n’a manifestement pas compris que c’est bien lui qui figure sur la liste du maire. Arlette, l’une des habitantes "historiques" du village nous le confie, "plusieurs personnes m’ont téléphoné pour savoir qui est ce monsieur Cornet. Alors je leur explique que c’est Jean-Louis, qui habite l’ancienne maison de Jean-Marie". Et tout devient alors clair. "Je leur dis aussi que ce sont des gens qui restent longtemps ici, il faut être là quand même !", ajoute Arlette, qui du haut de ses 77 ans veille sur son village comme sur un vieux trésor.

Dans quelques jours, les autres propriétaires de secondes résidences seront eux aussi de retour et Jean-Louis Cornet imagine qu’il pourra donc compter sur leur voix.

Le retour en Belgique, lui, n'est pas prévu pour tout de suite. Le couple passera comme chaque année tout l'été dans sa seconde résidence, au cœur du Parc national des Cévennes. 

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Huguette et Jean-Louis aiment profiter d'un repas local à l'ombre de la vigne de leur terrasse. © Tous droits réservés
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