Jean-Frédéric Nyst (UCM): "Si les chefs d'entreprise fonctionnaient comme les politiques, ce serait difficile dans nos entreprises"

Pierre-Frédéric Nyst, président de l’Union des Classes Moyennes (UCM), représente les indépendants ainsi que les petites entreprises. À l’occasion de la fin des soldes, il dresse le bilan des soldes qui se terminent officiellement ce mardi 31 juillet. Il estime que le bilan est bon mais "sans euphorie". Il évoque aussi l’urgence de créer des coalitions afin de ne pas "réduire à néant" les efforts budgétaires entrepris lors de la précédente mandature.

Le dirigeant de l’UCM évoque un bilan des soldes bruxellois en deçà des attentes mais une bonne saison de promotions en Wallonie. Mais alors, pourquoi la capitale a-t-elle été moins efficace en matière de soldes ? "Il y a eu les fortes chaleurs, dans le centre-ville de Bruxelles, c’est peut-être moins accessible que dans d’autres villes…", répond Pierre-Frédéric Nyst.


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Pourtant, les périodes de promotions présentent des atouts qu’ils n’avaient pas auparavant selon le président des indépendants et petites entreprises. "Les stocks sont très importants et puis on insiste beaucoup chez nous pour dire que les soldes sont l’occasion d’aller voir les petits commerçants puisque la tentation est assez grande d’aller faire ses achats sur Internet. Mais les petits commerçants en souffrent vraiment donc les soldes sont positifs pour lancer le commerce.

Il concède que les soldes aujourd’hui connaissent un succès moindre par rapport aux soldes il y a 10 ou 20 ans. Mais les périodes de réductions sont devenues plus fréquentes. "Je crois que l’imagination humaine pour faire des réductions hors solde et contourner la loi est très présente. Les braderies, les 'prix d’amis', les prix ronds… Tous ces processus permettent de ne pas utiliser le mot solde mais d’éviter la vente à perte, justifie-t-il. Il ne faut pas oublier que c’est un apport de trésorerie pour les commerçants et c’est aussi l’occasion de faire de la place pour les collections d’été."

L’urgence politique

L’Union des classes moyennes a été reçue en tant que partenaire social par les informateurs royaux, Didier Reynders et Johan Van de Lanotte. Quelles ont été leurs recommandations ? "On a d’abord fait part de nos priorités telles qu’elles sont dans notre mémorandum, notamment en matière budgétaire et du fait que voulons éviter une crise institutionnelle", indique Jean-Frédéric Nyst.

"Au-delà de l’été, il faut trouver quelque chose, encourage-t-il. Si les chefs d’entreprise fonctionnaient comme les politiques, on aurait vraiment des difficultés dans nos entreprises. Les entrepreneurs, les chefs de PME, ils prennent des décisions, ils s’engagent, ils engagent leur patrimoine, ils créent leur emploi, ils créent l’emploi des autres… Il ne s’agit pas de tergiverser de façon ininterrompue et c’est problématique." Selon lui, il faut désormais prendre ses responsabilités dans des "gouvernements solides", notamment pour les questions économiques et environnementales.

"Si on ne met pas un peu d’eau dans son vin, on aura aucune coalition et si on a aucune coalition, ça veut dire qu’il faudra revoter", prévient-il avant de conclure que "chaque jour qui passe, creuse un peu plus le déficit".

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