Jean-François Heris (UWE): "Il faut revoir l'automaticité de l'indexation"

Jean-François Heris (UWE) appelle à un pacte régional pour un climat social serein" en Wallonie.
Jean-François Heris (UWE) appelle à un pacte régional pour un climat social serein" en Wallonie. - © RTBF

Invité de Matin Première, Jean-François Heris, le président de l'Union wallonne des entreprises (UWE), a appelé de ses voeux un climat social serein, propice au développement des entreprises en Wallonie. Il veut aussi rouvrir le débat de l'indexation automatique, de façon à renouer avec la compétitivité.

Face à la grève à la SNCB, le patron des patrons wallons juge que la grève doit rester l'arme ultime: "Au-delà des désagréments causés aux usagers et aux entreprises, je pense qu'il y a un élément qui est important aussi, c'est l'image que cela donne du pays et en particulier la Wallonie à l'étranger et ce n'est pas cela qui va améliorer la situation et attirer des entreprises nouvelles en Wallonie, et nous en avons vraiment besoin".

Jean-François Heris en appelle à un pacte régional avec les syndicats pour créer un climat social serein en Wallonie, propice à la création d'entreprises, pour que les entrepreneurs puissent assurer leur croissance.

Tout en reconnaissant que dans 95% des cas cela se passe bien, il déplore que l'image négative de la Wallonie soit due à "la délinquance syndicale", comme disent certains patrons de PME qui limitent leur personnel sous la barre des 50 travailleurs pour éviter une représentation syndicale, citant l'exemple d'investisseurs asiatiques qui pourraient être découragés par ces grèves mais aussi par le coût du travail.

Le président de l'Union wallonne des entreprises souhaite aussi un climat parfois "anti-entreprise" au sein du gouvernement.

Revoir l'indexation automatique

Il faut s'attaquer au déficit de compétitivité de la Belgique par rapport à ses voisins, français ou allemand, pense le président l'UWE. "Ca ne peut pas continuer". Avec l'index, le coût des salaires augmentera à nouveau de 6% dans les prochaines années, calcule-t-il. Or, le bureau du plan préconise de revenir à des coûts salariaux proches de nos voisins pour pouvoir créer des dizaines de milliers d'emplois.

"Il faut ouvrir le débat. Il faut revoir l'automaticité de l'indexation. Personne n'est satisfait, les patrons ont une augmentation des coûts salariaux de 6%, les syndicats disent 'On reçoit 6% de l'Etat, que nous donnez-vous?' Donc tout le monde est frustré."

Un avenir industriel pour la Wallonie, maintenant

L'UWE a eu raison de croire en la réindustrialisation de la Wallonie: les pays qui ont joué cette carte, comme l'Allemagne ou la Norvège, sont ceux qui tournent le mieux, estime cet ingénieur de formation, patron d'AGC Europe, un groupe verrier qui emploie 15 000 personnes.

Jean-François Heris étudiera le contenu du plan 2022 du gouvernement wallon, insistant sur un point positif: l'enseignement, indispensable pour "faire de la Wallonie une pépinière de talents".

Il faut agir maintenant, il y a un "momentum" avec le transfert de compétences aux Régions et la fin des transferts Nord-Sud, "c'est maintenant qu'il faut passer à l'action".

RTBF

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