Jean Faniel (CRISP): Reynders comme Vande Lanotte "ne vont pas essayer de rouler pour eux-mêmes"

Le roi Philippe a choisi de missionner Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (s.pa) au titre d'informateurs pour entamer les discussions avec les différentes formations politiques en vue de former une majorité fédérale. Pourquoi ces deux personnalités, Jean Faniel, le directeur du CRISP décrypte, en trois questions, les raisons d'un casting original.

Pourquoi opter pour un duo d'informateurs ?

"Ils ont à eux deux plusieurs avantages. D'abord, l'un est francophone, l'autre néerlandophone, l'un est libéral, l'autre socialiste, à savoir les deux premières familles politiques à la Chambre, et que ce soit Didier Reynders ou Johan Vande Lanotte, ils ont tous les deux une carrière politique fournie, donc un carnet d'adresse étoffé, c'est important pour initier des contacts avec l'ensemble des familles politique mais aussi avec les représentants du monde social, économique et culturel.

Enfin, ces deux hommes ont initié, ou acté, leur retrait de la vie politique, donc ils ne vont pas essayer de rouler pour eux-mêmes, ils sont chargés, en toute neutralité, de prendre le pouls de la société pour ensuite former un gouvernement."

Est ce que finalement leur statut de perdants suite au scrutin ne joue pas en leur faveur ?

"C'est paradoxal, mais effectivement ces nominations traduisent une prime aux perdants. Ces deux personnalités représentent des partis qui devraient jouer un rôle secondaire au moment de constituer une majorité, et donc en leur donnant cette mission d'information le Roi cherche à temporiser, avec l'espoir qu'à travers leur travail, la situation politique va progressivement se décanter et permettre, à terme, la formation d'une majorité au fédéral."

Deux formateurs qui vont agir au niveau fédéral mais pas seulement ?

"Oui, on se rend compte dans le communiqué du Palais royal que leur mission n'est pas cantonnée au seul niveau fédéral, ces deux formateurs sont appelés dans leur mission à s'intéresser aussi à ce qui se passe dans les communautés et les régions.

On peut avoir l'impression que le Fédéral déborde ainsi de ses compétences mais en réalité ça témoigne de la complexité de la situation actuelle, tout est imbriqué, et sans doute que les négociations au sein des régions et des communautés auront un impact au fédéral, et inversement."

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