Van Cauwenberghe: "On n'a pas osé mettre en œuvre à Liège les mesures prises à Charleroi"

L'ex-ministre-président wallon et homme fort de Charleroi Jean-Claude Van Cauwenberghe était l’invité de Matin Première ce mardi. Avec lui, Thomas Gadisseux est revenu sur l’affaire Publifin et sur la montée du PTB.

Jean-Claude Van Cauwenberghe a participé ce weekend au congrès du PS sur la bonne gouvernance, un congrès qu’il a trouvé "globalement intéressant" malgré "un moment de grande tension" au moment d’aborder la question du décumul des mandats. Alors que la hiérarchie du parti optait plutôt pour un décumul en douceur (c’est-à-dire arriver à un décumul complet en 2024), les militants socialistes ont manifesté leur mécontentement et leur envie d’agir tout de suite (la mesure proposée a été rejetée). "C’est la morale qui doit passer avant un accord politique et les militants considèrent que le PS doit montrer l’exemple et que si les autres ne veulent pas, c’est leur problème, explique Jean-Claude Van Cauwenberghe. Si on veut redorer notre blason et retrouver notre crédibilité, c’est maintenant avec un principe très dur: un homme, un mandat".

L’affaire Publifin a réveillé les vieux démons que l’on a connu au PS lors de l’affaire de la carolorégienne, dont Jean-Claude Van Cauwenberghe fût un acteur central, entre 2005 et 2007. L’ex-ministre-président dit avoir été "étonné par ces révélations", admettant que c’est "à chaque fois qu’il y a un scandale qu’on réagit ".

Liège "plus puissant" que Charleroi

Jean-Claude Van Cauwenberghe a cependant peu apprécié la différence de réaction de la part de la direction du parti entre les deux affaires: Publifin et Carolorégienne. "Quand il a été question d’affaires à Charleroi, nous avons été directement mis sous tutelle, aucune instance ne pouvait plus fonctionner, raconte le carolo. A Liège, on a été beaucoup plus soft dans la réaction. On n’a pas osé mettre les mêmes mesures en œuvre". Comment expliquer dès lors cette différence de traitement? "La puissance plus importante de la fédération de Liège au sein du parti que celle que Charleroi représentait", avance Jean-Claude Van Cauwenberghe.

Dix ans après les affaires à Charleroi, l’ex homme fort de Charleroi pose "un regard extrêmement critique" sur l’affaire Publifin. Pour lui, il faut durcir les règles face à l’exigence de transparence qui émane des citoyens. "J’ai connu un temps où les gens étaient moins critiques aussi vis-à-vis de ce type de situation, raconte-t-il. Aujourd’hui, l’exigence citoyenne est absolue: transparence et honnêteté sont des exigences incontournables, les partis vont devoir s’adapter".

On n’ose pas attaquer le PTB sous l’angle wallon

L’échiquier politique est également différent de celui qui était en place il y a dix ans. Avec l’émergence du PTB, le PS fait face à une rude concurrence sur sa gauche. "Le PTB, sous le visage souriant de Hedebouw, c’est un parti inquiétant, stalinien, estime Jean-Claude Van Cauwenberghe. Je ne comprends pas que l’on n’attaque pas leur côté unitaire, ils ne prononcent jamais le mot wallon. Mais Di Rupo reste un belgicain d’un point de vue politique, on n’ose pas attaquer le PTB sous l’angle wallon. Je trouve que le PS qui a été le premier combattant pour la régionalisation devrait enfoncer ce fer-là dans le débat avec le PTB ".

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