Jean-Claude Marcourt veut revoir le financement du supérieur

Jean-Claude Marcourt
Jean-Claude Marcourt - © RTBF

En ce jour de rentrée dans le supérieur, Jean-Claude Marcourt, PS, vice-président des gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ministre de l'Economie et de l'Enseignement supérieur, était l’invité de L’acteur sur la Première. Il est revenu sur sa réforme de l’enseignement supérieur et sur ce qu’il voudrait encore changer…

Le décret Marcourt, qui entre en vigueur ce 15 septembre, a fait beaucoup de mécontents parmi universités, hautes écoles et étudiants. Mais concrètement, qu’est-ce que cela change pour les étudiants ? "C’est s’inscrire dans les accords de Bologne qui font en sorte qu’on a un paysage européen, des études qui permettent plus de mobilité, de mieux prendre en compte les aspirations des étudiants en respectant la qualité", explique Jean-Claude Marcourt. "Et la plus grande modification, c’est qu’on fait des cycles : un bachelier vaut 180 crédits, un master, 120 ; et ces crédits sont différenciés de l’année d’étude". C’est ce que veut pointer le ministre de l’Enseignement supérieur : une plus grande liberté pour l’étudiant : "L’étudiant pourra s’adapter. Aujourd’hui dans les masters, certains veulent aller faire des cours ailleurs ; du coup nous favorisons les co-diplomations, entre universités et hautes écoles, etc".

Et Jean-Claude Marcourt ne veut pas s’arrêter là. Il veut mettre à profit cette nouvelle législature pour refinancer l’enseignement supérieur. "Dans cette législature, il faudra revoir et l’enveloppe fermée et la manière dont est financé l’enseignement supérieur. (…) En 1995, pour des raisons budgétaires, on a créé cette enveloppe fermée. Aujourd’hui il faut sortir de cette logique. Nous allons refinancer l’enseignement supérieur". Et de noter qu’il voudrait "arrêter la concurrence stérile" entre écoles et universités. "Il faut arrêter de multiplier certains cours qui regroupent quelques étudiants alors qu’on pourrait améliorer la qualité si on spécialisait des institutions".

Un problème qui persiste dans le supérieur est le taux d’échec en première année. Jean-Claude Marcourt propose des pistes. "Depuis 20 ans on a beaucoup augmenté le taux de diplomation mais on est resté avec un taux d’échec élevé en première bac. Il faut travailler sur l’orientation. Ceux qui échouent, il faut leur permettre de se réorienter pour ne pas perdre leur année".

"Pas de l'austérité, de la rigueur"

Sur les négociations au fédéral, dont le PS est exclu, Jean-Claude Marcourt se montre très critique, à l’image du président du parti, Elio Di Rupo, depuis quelques jours. Les mesures de la Suédoise vont faire mal aux Belges, dit-il. Mais, en Wallonie également, il faudra prendre des mesures d’austérité, rappelle Bertrand Henne. "Non, pas d’austérité, de rigueur", recradre Jean-Claude Marcourt. "Nous allons faire attention en 2015 et 2016 de retourner vers la trajectoire budgétaire qui nous permet de faire l’assainissement public mais sans toucher aux droits essentiels des gens". Et de tacler l’Europe au passage : "L’Europe ferait mieux de s’interroger sur les règles qu’elle impose…"

Réécoutez Jean-Claude Marcourt :

J.C.

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