Jean-Claude Daoust: "L'emploi ne doit pas tout au gouvernement Michel"

Jean-Claude Daoust, ex-président de la FEB et président du conseil d’administration de la société Daoust Interim, "entreprise de l’année 2016" désormais gérée par son fils, était l’invité du Grand Oral La Première Le Soir, interrogé par Jacques Crémers, Jean-Pierre Jacqmin et Béatrice Delvaux.

Des progrès à faire du côté de l'éducation

Le patron déplore la qualité toujours insuffisante de l’enseignement qui met sur le marché des jeunes qui terminent leur secondaire sans être apte à relever les défis du marché du travail. "Il y a de gros progrès à faire à l’école. J’espère notamment que si on allonge la durée de formation des professeurs, ce sera notamment pour les aider à faire face aux classes difficiles." Il cite ainsi la Finlande où la formation des professeurs ne se fait pas seulement avant leur entrée dans les écoles mais à raison de 15 jours par an, tout au long de leur carrière. "On ne peut pas vivre dans une société avec une partie très qualifiée et une très peu qualifiée, voire infraqualifiée. Certains estiment qu’il y a des jeunes qui ne trouveront jamais de travail : c’est dramatique de penser qu’ils seraient assistée pour toujours !"

Le gouvernement Michel dans la lignée du Di Rupo

Si Jean-Claude Daoust salue la croissance qui revient timidement en Belgique – mais aussi en Europe - , ainsi que la création d’emplois qui semble réelle, il se refuse à attribuer toute la responsabilité de ce revirement positif au gouvernement de Charles Michel : l’effet des cycles économiques joue à plein, mais aussi des décisions adéquates qui ont aussi été prises par le gouvernement Di Rupo "qui suivait déjà le même raisonnement". Contents les patrons ? "Je ne suis pas sûr qu’à la FEB on dise que ce gouvernement Michel soit pro-patron, il y a des choses positives mais je pense qu’en matière d’emploi et de flexibilité, on doit développer une autre vision, une autre politique."

L’avènement de l’ubérisation, du digital, du travail à domicile, la multiplication des jobs pratiqués en même temps, plaident urgemment pour J-C Daoust, pour une réinvention de la flexibilité. "Macron a raison, on est parti vers d’autres choses, les jeunes sont eux très peu frileux par rapport à ces changements, qui une fois encore sont bien mieux gérés dans les pays du nord de l’Europe." Mais pourquoi la Belgique n’est-elle donc pas l Finlande ? "C’est politique", répond le patron. 

Le problème de la mobilité à Bruxelles

Politique aussi le problème persistant de mobilité à Bruxelles. "Il y a un énorme problème de concertation avec les deux autres régions. Je ne suis pas sur qu’elles veulent qu’on sorte de cette problématique de mobilité. Je constate la difficulté des relations institutionnelles, Bruxelles est la mal aimée." Et de plaider pour que toute stratégie (gestion de la voiture, des tunnels, des piétonniers) soit accompagnée par une bonne gestion du politique  et "pas par des plans dont on connait le début mais jamais la fin."

La gouvernance à Bruxelles ? Le Samusocial ? "Je suis également tombé de ma chaise, je ne savais pas . Prudent, il implore le politique d’adopter surtout une vraie gouvernance qui prévoit le contrôle, l’audit, etc... Il met en garde aussi contre le décumul menant à un mandat unique, qui "ferait du parlement une assemblée de fonctionnaires." Et d’ajouter : "Ceux qui se lancent en politique en cas de mandat unique doivent avoir une rémunération correcte". Qu’il estime à 5000 euros.

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