"Je préconise le retour du masque à l’école secondaire" déclare Yves Van Laethem

La situation épidémiologique semble inquiéter nos autorités au point d’avancer le comité de concertation prévu ce vendredi… Cette décision intervient alors que les chiffres épidémiologiques se dégradent jour après jour, surtout au nord du pays. A quoi faut-il s’attendre en termes de mesures ? Faut-il agir dans les écoles ? QR l’actu fait le point sur la situation avec Yves Van Laethem, porte-parole inter-fédéral de la lutte contre le Covid-19 et Dimitri Van der Linden, infectiologue pédiatre, porte-parole de la task force pédiatrique.

De nouvelles mesures

Pour Yves Van Laethem, il ne fait aucun doute que de nouvelles mesures sanitaires doivent s'imposer : "Avec la hausse pratiquement exponentielle du nombre de cas et le nombre croissant d’hospitalisations, il faudra prendre de nouvelles mesures mais il ne s'agira de fermetures. Par contre, il faudra réactiver des mesures qui ont été levées trop tôt, comme le masque. Les mesures de distanciation, trop souvent absentes dans la vie sociale, et le télétravail doivent faire leur réapparition de manière plus systématique".

Dimitri Van der Linden estime pour sa part qu’il faut harmoniser les mesures pour les grands événements dans tout le pays. "Si vous vouliez courir les 20 km de Bruxelles, vous deviez montrer votre covid safe ticket. Je pense qu’il fadrait généraliser de telles procédures".

Un sentiment partagé par le porte-parole du centre de crise : "Les événements extérieurs,  comme les kermesses et les marchés de Noël, vont se multiplier. Il est temps de rappeler aux gens que le virus circule toujours".

Situation inquiétante dans les écoles ?

Le porte-parole de la task force pédiatrique rappelle que, comme cela s’est passé lors des vagues précédentes, l’incidence de cas dans les écoles reflète ce qui se passe dans la société. "Les derniers chiffres de l’ONE (ndlr : Office national de l’enfance) pour la semaine du 11 au 17 octobre montrent une incidence de 94 cas pour 100.000 en maternelle, alors qu’il était de 321 cas pour 100.000 dans la société. Il est vrai que les enfants en bas âge sont moins souvent testés, mais il n’empêche que cela reflète le fait que ce ne sont pas les enfants qui transmettent le virus de manière massive". Pour le pédiatre infectiologue, il est vital de trouver un équilibre dans les mesures prises. A l’entendre, il ne faut certainement pas arrêter le testing et le tracing dans les écoles, ce qui permet de pouvoir maintenir au maximum l’activité scolaire. Il insiste également pour que les enfants ne se fassent pas tester de manière intrusive avec les tests nasopharyngé mais plutôt avec des tests salivaires.

Retour des cours à distance ?

Dimitri Van der Linden n’est pas du tout favorable à l’idée de reprendre les cours à distance. "Les enfants ont déjà beaucoup payé dans cette crise. D’ailleurs, mes collègues pédopsychiatres parlent d’une seconde vague psychiatrique pour les enfants. Il y a des listes de deux à trois mois d’attente pour obtenir une consultation en pédopsychiatrie et de trois mois pour être hospitalisé. Selon moi, il est essentiel de bien mesurer les choix que nous allons poser pour cette catégorie d’âge".

Retour des masques à l’école ?

"Le retour du masque pour les élèves de 12 à 18 ans pourrait être utile, même si les jeunes ne sont pas le vecteur principal de l’épidémie. Ils sont rassemblés à 25-30 dans la même pièce durant de nombreuses heures. Je pense que l’école doit être un endroit parmi d’autres où le masque devrait faire sa réapparition".

Pour Dimitri Van der Linden, il vaut mieux le masque que de faire des cours à distance. Par contre, il estime que si on impose le masque aux adolescents, il faut également y penser pour les grands lieux de travail ou de loisirs comme les discothèques, et plus globalement, tous les lieux où les gens se mélangent.

Vaccin pour les 6-11 ans ?

Les données actuelles pour la vaccination des jeunes de 6 à 11 ans sont rassurantes, précise Dimitri Van der Linden. D’ailleurs, en Amérique du Nord cette vaccination des enfants va débuter. "Il est important d’attendre l’avis de l’EMA, l’agence européenne du médicament, et puis l’avis du Conseil supérieur de la santé en Belgique. Toutefois, je m’interroge : est-il bien logique de vacciner les 6-11 ans, sachant qu’ils sont peu touchés par la maladie, alors que plus d’un million d’adultes ne sont pas encore vaccinés?

 

 

 

 

 

 

 

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