"Je fais grève!": armés du second degré, les Jeunes MR contre-attaquent

Ce mercredi matin, les syndicats du service public lancent (ou couvrent) leurs troupes dans une action de grève contre les mesures du gouvernement Michel mais également contre certaines mesures prises par les exécutifs des entités fédérées.

Le MR, parti du Premier ministre et seul parti francophone du gouvernement belge, défend, lui, sans surprise, les mesures prises par son exécutif (saut d’index, recul de l’âge de la pension, coupes budgétaires, lutte contre la fraude sociale…).

Quelle ne fut pas la surprise de nombreux internautes en découvrant ce matin que les Jeunes MR, eux, clamaient haut et fort sur tous leurs réseaux sociaux : "Je fais grève!". Le tout en reprenant à leur compte les déclarations des plus farouches opposant du gouvernement Michel : le PS, le cdH, Ecolo, la CSC, la FGTB, le PTB…

Certains se sont même demandé si le compte Facebook des jeunes réformateurs n’avait pas été piraté. Ou alors s’agissait-il d’un affranchissement audacieux des Jeunes MR par rapport à leur parti?

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La page Facebook des Jeunes MR ce mercredi © DR
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Capture d'écran de la page d'accueil du site www.jefaisgreve.be, une création des Jeunes MR © DR

 

Surprise encore plus complète lorsque les mêmes Jeunes MR renvoient vers la page www.jefaisgreve.be, au graphisme évoquant clairement les codes de l'esthétique propre à l’extrême-gauche.

Ni fronde, ni piratage ne sont à trouver pour expliquer cette opération. Il s’agit en fait d’un attrape-nigaud, un mécanisme bien huilé destiné à rendre virale une campagne de réfutation des arguments utilisés pour appeler à la grève.

En cliquant par exemple sur un portrait de Laurette Onkelinx (PS) affirmant "le saut d’index est une provocation du Gouvernement fédéral", on tombe sur une page (à la mise en page déjà plus en phase avec celle du MR) expliquant qu’au contraire, il s’agit là d’une mesure qui va renforcer la compétitivité des entreprises belges en faisant baisser les coûts des salaires pour les employeurs. Il s’agit bien là du discours actuel du parti et pas de la position de frondeurs (le MR est en effet devenu un fervent partisan du saut d’index bien qu’il promettait le contraire durant la campagne électorale).

Belle mise en scène, et très beau "coup de com’" des Jeunes MR donc. Par ce biais, ils ont donné un écho à une plateforme de contre-argumentation politique qui n’aurait pas intéressé autant de monde et fait autant parler d'elle sans cela.

Mais ils ont peut-être même "trop bien" réussi leur coup… Jusqu’à instaurer le doute chez certains pour qui le second degré du message n’a pas été une évidence. D'autant que le message a été relayé par certains élus MR, dont Olivier Maroye, député wallon.

"C'est un peu notre façon de faire grève contre la désinformation", a commenté Mathieu Bihet, le président national des Jeunes MR, par voie de communiqué. "Nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout avec nos aînés (du MR) et nous n'hésitons pas à le dire quand cela est nécessaire. Toutefois, les mesures décidées au fédéral sont certes difficiles mais elles vont dans le bon sens pour assurer le retour d'une économie florissante soutenue par une croissance positive et un taux d'emploi élevé."

@julienvlass

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