Pour Jean-Claude Marcourt, le PTB est un "danger pour la démocratie"

"Pourquoi une partie de notre électorat se détourne de nous pour privilégier l'extrême gauche", demande le socialiste de Liège, région où le PTB+ a conquis 12 sièges de conseillers communaux. "C'est un fait important. Je crois que, dans les moments de crise, nous devons être beaucoup plus à l'écoute des gens", fait observer Jean-Claude Marcourt.

Il estime aussi qu'à force d'assumer des décisions gouvernementales, le parti socialiste est parfois assimilé au gouvernement, "alors que nous avons un projet propre".

Stalinien

Le PTB reste à ses yeux un parti stalinien. "C'est son droit, mais au moins, qu'il le dise ! Il a mis un peu de vernis pour faire croire qu'il a changé, mais son idéologie est la même qu'avant". Selon lui, l'extrême gauche telle que le PTB est "un vrai problème pour la démocratie, même si je n'assimile pas du tout l'extrême gauche et l'extrême droite".

Concernant la percée de la N-VA au niveau local, Jean-Claude Marcourt dénie aux nationalistes flamands tout raz-de-marée ou bouleversement des rapports de forces au nord du pays. "Les résultats confirment la percée de la N-VA en 2010, mais ne l'amplifient pas. Le CD&V n'est pas du tout sanctionné par rapport à 2010".

Le régionaliste wallon appelle à accélérer la mise en œuvre de la 6ème réforme de l'Etat pour que la population flamande en voie les effets concrets, et à s'occuper du socio-économique.

"Marcourt a un problème avec une opposition démocratique de gauche"

Le PTB a réagit au quart de tour à ces déclaration de Jean-Claude Marcourt, épinglant aussi une sortie d'Alain Mathot (PS) contre le PTB et les journalistes qui seraient entrés dans son jeu.

"Ces déclarations montrent que certains ténors au PS – pas tous heureusement – ne se remettent pas en cause après les résultats du 14 octobre. Ils préfèrent fermer le débat à gauche avant qu’il ne commence en employant des méthodes de chasse aux sorcières et en essayant de disqualifier un adversaire politique, réagit Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. Les propos de Mathot sur les médias montrent une volonté de mise sous tutelle de la presse... pas très démocratique. Messieurs Mathot et Marcourt ont visiblement surtout un problème avec une opposition démocratique de gauche."

Il pointe du doigt la participation gouvernementale du PS, une "diminution des allocations de chômage", une politique "attentiste et d'assistanat fiscal" à l'égard du sidérurgiste Lakshmi Mittal, etc.

Le PTB se voit davantage comme un "apport rafraîchissant" à la démocratie en Belgique, ayant soulevé récemment "des révélations qui ont ouvert des débats et brisé certains tabous".

Avec Belga

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