Jan Jambon (N-VA): "On craint un retour des combattants de l'EI pour faire des attentats ici"

Jan Jambon, ministre de l'Intérieur (N-VA), invité de Thomas Gadisseux sur La Première, le 3 octobre 2017.
Jan Jambon, ministre de l'Intérieur (N-VA), invité de Thomas Gadisseux sur La Première, le 3 octobre 2017. - © RTBF

Jan Jambon, le ministre de l'Intérieur (N-VA), était dans le studio de La Première ce mardi matin. Face à Thomas Gadisseux, il a fait le point sur la situation des djihadistes du groupe terroriste Etat islamique (EI) susceptibles de revenir sur le sol belge, mais aussi sur le référendum de ce dimanche en Catalogne.

Doit-on s'attendre à une nouvelle vague d'attentats en Europe ? "On est préparés depuis quelques mois. On sait que l'Etat islamique est sous pression en Irak. C’est presque résolu là-bas. En Syrie aussi, Raqqa est sous pression."

Dès lors, Jan Jambon voit deux hypothèses : "Ou bien les combattants restent là jusqu'au dernier, ou bien ils sont renvoyés vers leur pays d’origine pour commettre des actions là-bas." Le ministre de l'Intérieur confirme donc qu'"on craint un retour des combattants pour faire des attentats ici".

On peut critiquer la Turquie, mais ils sont à nos côtés contre l'EI

Le ministre souligne alors l'importance du rôle d'Interpol et d'Europol dont les bases de données sont utilisées par les polices du monde entier. "Chaque policier dans le monde peut détecter les combattants de chez nous", rappelle-t-il.

Il souligne au passage le rôle de la Turquie. "On peut critiquer la Turquie, mais ils sont à nos côtés dans le combat contre l'Etat islamique. Ils arrêtent beaucoup de combattants et les emprisonnent en Turquie."

Faut-il pour autant mettre en place une collaboration plus forte entre les Etats pour lutter contre le terrorisme ? C'était l'idée portée par Emmanuel Macron le 26 septembre dernier lors de la présentation de ses propositions pour refonder l'Europe. A cette occasion, le président français a plaidé pour la création d'un "parquet européen contre la criminalité organisée et le terrorisme".

L'idée ne convainc pas Jan Jambon pour qu'"il y a une urgence". "C’est un grand débat avec des pour et des contre cette idée. On peut perdre son temps à mener ce débat. Ou bien on peut faire marcher les structures existantes telles qu’Interpol ou Europol."

Mon coeur est avec les Catalans

Dans une seconde partie de l'interview, Jan Jambon a évoqué le cas Catalan, deux jours après un référendum qui s'est tenu dans des conditions houleuses.

"Mon coeur est avec les Catalans, déclare Jan Jambon. Je suis un nationaliste flamand donc je comprends le cas de la Catalogne." Pour lui, il faut à présent que la région "démarre un dialogue avec Madrid".

Mais "les circonstances sont difficiles. Il faut un intermédiaire, un médiateur international." Ce rôle de médiation pourrait être occupé par l'Union européenne, estime-t-il.

Olivier Maingain compare des pommes et des poires

Thomas Gadisseux évoque alors un tweet publié dimanche soir par Olivier Maingain, le président de DéFI. "Que la N-VA fasse preuve de cohérence et permette aux communes de la périphérie de choisir leur région: Bruxelles ou Flandre?", écrivait-il au soir du référendum catalan.

"Nous ne sommes pas un grand supporter des référendums pour faire les décisions, réagit Jan Jambon. La N-VA n’a jamais plaidé pour faire des référendums en Belgique. Ici on parle d’une commune. C'est autre chose qu’une région avec un Parlement autonome qui fait un choix pour son futur. Je pense qu'il compare des pommes et des poires."

Malgré tout, le ministre de l'Intérieur rappelle que l'indépendance de la Flandre reste "à long terme" le but de son parti. "On sait qu’il n’y a pas une majorité en Flandre, et certainement pas en Belgique, pour cette indépendance de la Flandre. On peut avoir cette ambition, mais ce n’est pas sur la table pour le moment."

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