Jan Jambon: l'objectif du job's deal, c'est de "motiver les gens à trouver plus vite de l'emploi"

Jan Jambon: l'objectif du job's deal, c'est de "motiver les gens à trouver plus vite de l'emploi"
Jan Jambon: l'objectif du job's deal, c'est de "motiver les gens à trouver plus vite de l'emploi" - © ERIC LALMAND - BELGA

À l'approche des vacances parlementaires et un jour après la conclusion d'un accord budgétaire du gouvernement fédéral dont découlent plusieurs mesures majeures, Jan Jambon était l'invité de Matin Première ce mercredi. Avec un budget 2019 ramené sur sa trajectoire européenne, le gouvernement est prêt à partir en vacances avec l’esprit serein ? Avec le sentiment du devoir accompli ?

Face au "job's deal", ensemble de mesures qui vise à créer 12.500 nouveaux emplois en 2019, les syndicats sont furieux, la FGTB promet même de bloquer le pays. "Rien de neuf sous le soleil", réagit Jan Jambon. "Ce sont les réactions des syndicats qu’on peut prévoir, Marie-Hélène Ska (secrétaire générale de la CSC, ndlr) n’a pas encore lu les textes mais elle a déjà une opinion".

Avec la dégressivité des allocations de chômage, le ministre de l'Intérieur se défend de faire des coupes dans la sécurité sociale : "On fait de la réallocation. Le gain pour le budget, c’est si on arrive à transférer quelqu'un du chômage vers un emploi. Un avantage sur le plan personnel pour la personne concernée mais aussi des contributions pour la sécurité sociale, se fiscaliser et on ne doit plus payer le chômage à cette personne."

Carotte ou bâton pour trouver de l'emploi ?

Pour Jan Jambon, la refonte des allocations de chômage vise à pousser les chômeurs vers un nouvel emploi, "tout le monde peut perdre un jour son job et ça n’est pas la faute de la personne concernée. Ce qu’on dit dans un premier temps, c’est maximum 6 mois. Dans cette période on va augmenter les allocations de chômage. Avoir une différence entre votre salaire et l’allocation de 40%, je trouve ça trop élevé, donc on va diminuer ce trou".

Le vice-premier ministre soutient sa thèse, affirmant qu'on voit l'effet positif d'une telle mesure dans les pays où elle est appliquée. "Dans un marché du travail où plus de 130.000 postes sont vacants, où on a encore des centaines de milliers de chômeurs, c’est clair qu’on doit trouver une solution et motiver les gens à trouver plus vite de l’emploi.Pour développer les compétences nécessaires à ces emplois, une mesure vise à "motiver les gens à suivre des formations avec le montant qu’ils reçoivent quand ils ont perdu leur job".

Redonner une force de travail aux plus âgés

Dans son job's deal, le gouvernement prévoit également de réduire l’accès aux prépensions et d'adapter les barèmes salariaux au mérite plutôt qu’à l’ancienneté. Le ministre de l'Intérieur s'explique : "Quand on devient plus vieux, on devient plus cher. Parfois, ça veut dire pour un employeur qu’il est plus intéressant d’engager un jeune qu’un vieux. Si on dit qu’on doit travailler plus longtemps, et c’est nécessaire pour alimenter notre système de sécurité sociale, on doit aussi voir que c’est intéressant pour les deux parties". De cette manière, Jan Jambon justifie également le repoussement de l'âge de la prépension.

Toujours du côté de l'emploi, une mesure vise à "motiver les gens à trouver un emploi de l’autre côté de la frontière linguistique. Il y a plus de postes vacants en Flandre, mais il y a plus de chômage en Wallonie".

Ce n'est pas la mission de l'État de gérer une banque

À l'issue de l'accord budgétaire, le gouvernement a annoncé la mise en bourse d'une partie des actions de Belfius. Selon le ministre N-VA, ce n'est pas "la mission de l’État de gérer une banque, mais à ce moment de la crise financière, c’était la solution la plus adaptée. La participation à Belfius et BNP Paribas, ce sont des choses qu’on peut vendre à un prix correct. On doit suivre le marché et décider des mettre une part des actions en vente à un certain moment".

Contrepartie de cette vente partielle, l'indemnisation des coopérateurs d'Arco, peut-être effective dès octobre prochain. Les autres victimes de la crise de 2009 crient à la discrimination. Jan Jambon comprend cette critique, mais se dédouane de ce choix puisque "ce sont les engagements que le gouvernement précédent a pris".

Enfin, l'une des mesures majeures adoptées dans la nuit de 23 au 24 juillet, c'est l'ouverture du marché à un 4ème opérateur. Pour Jan Jambon, "plus on a de joueurs, plus on peut avoir de compétition et donc une diminution des prix. Les discussions avaient pour objectif de mettre des conditions au-dessus de ce 4ème joueur, qui soient comparables et ne le mettent pas dans une position trop avantageuse".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK