Jan Jambon: "Il n'y a pas de raison d'augmenter le niveau de sécurité"

Jan Jambon: "Il n'y a pas de raison d'augmenter le niveau de sécurité"
Jan Jambon: "Il n'y a pas de raison d'augmenter le niveau de sécurité" - © Tous droits réservés

La Belgique a du déjouer des attentats avant la formation du gouvernement Michel, mais le ministre de l’intérieur Jan Jambon (N-VA) indique sur les ondes de La Première qu’il n’y a pas eu de tentatives d’attentats depuis lors. Jan Jambon ne voit pas pour l'instant de raison d'augmenter le niveau de sécurité, déjà élevé en Belgique.

Interrogé par Bertrand Henne, Jan Jambon exprime d'abord ses condoléances pour les victimes, dont les deux policiers, et son soutien aux blessés. Ce qui s'est passé mercredi à Paris est "affreux", dit-il. On s'est attaqué à un des piliers de notre démocratie, la liberté de la presse : "On doit pouvoir rire de tout, ça doit être possible", affirme le ministre. "On ne peut mettre en cause la liberté de la presse et certainement pas utiliser la violence contre cette liberté de la presse".

Est-ce imaginable en Belgique?

Le président français François Hollande a fait état d'une situation de menace connue par les autorités : "Nous sommes dans un moment difficile, plusieurs attentats avaient été déjoués, nous savions que nous étions menacés, car nous sommes un pays de liberté", a-t-il déclaré juste après l'attentat à Charlie Hebdo.

Côté belge, le niveau d'alerte terroriste n'a pas été relevé. Il se situe déjà à un niveau relativement élevé, "2 sur une échelle de 4", dit Jan Jambon. "Il ne faut pas semer la panique".

"Cela peut se passer partout dans le monde. C'est pour cela que nos services de sécurité sont en alerte depuis des mois (...) ils suivent les choses minute par minute et sont en contact avec les services des autres pays".

Interrogé sur le risque d'attentat en Belgique, le ministre de l'Intérieur reconnait son existence, d'autant plus que le nombre de jihadistes revenus de Syrie, actuellement à 350, est proportionnellement aux autres pays "énorme". Les services français lui indiquent que les fugitifs localisés à Reims ne seraient pas partis en direction de la Belgique.

Certains lieux stratégiques bénéficient d'une protection, comme des institutions avec des "intérêts français", a encore précisé Jan Jambon à la VRT jeudi matin. Il s'est refusé à détailler les lieux stratégiques concernés par ces mesures dans un souci de sécurité.

Quant à la traque qui se déroulait jeudi matin en France, le ministère précisait qu'en Belgique, "les mesures qui doivent être prises sont prises", même si en fin de matinée, il n'y avait pas d'indications que les suspects se dirigeaient vers la Belgique.

Il défend dans ce cadre son futur projet de loi, qui visera à retirer la nationalité aux personnes parties combattre en Syrie, qu'elles aient ou non la double nationalité ou un permis de séjour.

Sur Radio 1 encore, le ministre N-VA précise qu'il soutient l'idée de son président Bart De Wever d'utiliser l'armée pour la sécurisation, comme c'est prévu dans l'accord de gouvernement dans le cas où le niveau de menace passe à 3.

Au passage, il cite en exemple le maire musulman de Rotterdam Ahmed Aboutaleb, qui a tenu des propos très clairs mercredi face aux extrémistes. "Les musulmans qui n'acceptent pas les valeurs de notre société: dégagez", a lancé le politicien travailliste d'origine marocaine.

De telles mesures restrictives ne doivent toutefois pas viser les islamistes pour leurs seules opinions, précise Jan Jambon, qui rappelle "la liberté de pensée". Le ministre N-VA se garde aussi de stigmatiser la communauté musulmane, qui, dans sa "majorité", est "parfaitement intégrée", dit-il. "Ensemble avec la communauté musulmane, on doit combattre les extrémistes", conclut Jan Jambon.

Avec Belga

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