Jan De Maeseneer, professeur de Médecine générale : "Le système belge a contribué à l'importance de la deuxième vague"

Jan De Maeseneer, professeur de Médecine générale à l’université de Gand, était l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 21 novembre 2020 à 9h10 sur La Première. A l’heure où plusieurs voix francophones défendent une fédéralisation de la santé, Jan De Maeseneer appelle plutôt à favoriser l’approche locale combinée à un financement fédéral.

Au sujet d’abord de l’épidémie de Covid-19, les longs mois qui sont derrière nous permettent déjà de tirer certains enseignements. Jan De Maeseneer, comme beaucoup, pointe un problème manifeste de structure. "Le suivi des cas infectés et la mise en quarantaine doivent être organisés au niveau local, des communes, des villes. Mais il faut être soutenu par une infrastructure fédérale bien organisée. L’information, les data bases doivent être centralisées. Avec la crise, on a constaté qu’on manquait de mécanismes et d’une structure solide pour harmoniser cette double mission. On manque de clarté sur qui décide de quoi, il faut une structure plus claire et une personne qui, en période de crise, prend la responsabilité des décisions."

Pour une réforme de l’Etat en matière de santé

Avant la crise covid, Jan De Maeseneer avait rédigé une note sur la politique de santé qui se penchait déjà sur l’organisation du système de santé belge. "Je disais déjà qu’il fallait d’abord avoir des objectifs généraux pour tout le pays qui doivent être légitimés par le parlement fédéral, notamment en ce qui concerne le droit fondamental d’accès à la santé, la réduction des inégalités sociales en matière de santé, etc. Ensuite, il y a la fiscalité qui doit aussi être gérée au niveau collectif. En revanche, selon moi, la santé est une compétence territoriale. Pour les soins de santé primaires et les hospitalisations générales, il est très clair qu’il faut pouvoir se faire soigner dans sa région. Mais en ce qui concerne la médecine hyperspécialisée, je suis pour que les éléments de soins restent au fédéral. Il faut un centre avec toute l’expérience et l’expertise."

Alors concrètement, pour ou contre une réforme de l’Etat ? "Je plaide pour une réforme de l’Etat, parce que je crois que si on veut régionaliser les soins de santé primaires et les hôpitaux il faut avoir une vision qui part de la spécificité des problèmes de santé. C’est assez simple : s’il faut récolter de l’argent, c’est au plus haut niveau, au niveau fédéral que ça doit se faire parce que c’est le plus durable. 12 millions, c’est mieux que 1 million. Mais il y a un problème de proximité : si on veut être proche du patient, le niveau local est important, il faut partir du terrain, de la base."

Vaccins : prudence ou confiance ?

Jan De Maeseneer choisit les deux. "Je dirais qu’il faut y aller, mais il faut toujours rester prudent. Les annonces de vaccins sont des annonces publiques, de communication. Il faut surtout regarder les évaluations scientifiques. Mais je crois qu’il y a beaucoup d’éléments qui sont de bonnes nouvelles et qui permettent un certain enthousiasme. Et puis la performance de ces vaccins est tout à fait remarquable ! Ils sont manifestement performants et dans les mêmes degrés d’efficacité. Je crois que ça va faciliter les choses : tous les vaccins validés pourront être utilisés pour les différents groupes cibles."

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