Jacques Rogge: "Des J.O. en Belgique? Il faut être réaliste"

Jacques Rogge: "Des J.O. en Belgique? Il faut être un peu réaliste"
Jacques Rogge: "Des J.O. en Belgique? Il faut être un peu réaliste" - © AFP

Le Belge Jacques Rogge s’apprête à vivre ses derniers Jeux Olympiques en tant que patron du Comité International Olympique (CIO) qu’il préside depuis 2001. Depuis Londres, il s’est entretenu avec Mehdi Khelfat sur ce que ces derniers JO représentaient pour lui et sur les chances de la Belgique d'accueillir un tel évènement à l'avenir.

"J’ai hâte de voir les jeux commencer mais je n’ai pas d’inquiétude, pas d’interrogation". D'entrée, le président du CIO est impatient de voir les Jeux de Londres débuter et ne semble avoir aucun doute sur l’efficacité de son organisation. Il faut dire que notre interlocuteur connaît la musique puisqu’il préside en Grande-Bretagne ses sixièmes olympiades (trois jeux d’hiver en plus des jeux d’Athènes et de Pékin).

"La préparation a été exemplaire, les organisateurs ont respecté tous les délais et sont restés dans leurs budgets, donc je suis un homme heureux", commente un Jacques Rogge qui prêche évidement pour sa chapelle.

A l’aube de ses derniers J.O. en tant que patron du comité, il faut attendre la fin de l’interview pour voir le verni du représentant d’une grande organisation internationale se craqueler un peu et l’émotion céder la place au discours de circonstances.

"Bien sûr j’aurai un peu d’émotion quand, à la fin de la cérémonie de clôture, j’appellerai la jeunesse du monde à participer aux prochains Jeux Olympiques à Rio. Ce sera le dernier appel que je ferai à la jeunesse du monde", concède-t-il à notre micro.

Des J.O. en Belgique ? "Il faut être un peu réaliste"

Du haut de son expérience, le président juge-t-il crédible l’hypothèse de J.O. organisés en Belgique ?

"Il faut être un peu réaliste", tempère immédiatement notre compatriote. "La Belgique a la force économique pour les Jeux", reconnaît-il mais pour que les Jeux réussissent, "il faut une alliance très étroite entre monde politique et mouvement sportif. Et il faut que cette alliance travaille sans faille pendant sept ans puisque nous attribuons les Jeux sept ans à l’avance. Alors je pose la question: ‘est-ce qu’on peut envisager que le pouvoir politique en Belgique, malgré les antagonismes, travaille la main dans la main avec le monde sportif pour les Jeux Olympiques pendant sept ans d’affilée? Je ne suis pas sûr", avoue-t-il.

Des coûts? Non, "des investissements"

La facture des J.O. londonien est estimée entre 12 et 18 milliards d’euros selon les sources et les dépenses prises en compte. Est-ce bien raisonnable en pleine crise économique? "Oui", selon l’ancien skipper, "parce que la plupart de ces dépenses ne doivent pas être vues comme des coûts mais comme des investissements", argumente-t-il.

Et l’invité de Matin Première d’expliquer, par exemple, qu’à Londres "un assainissement de toute une partie de la ville qui était abandonnée a pu être opéré". A l’occasion de ces J.O., "de nouvelles usines vont s’installer. Il y aura un village olympique avec des habitations pour 20 000 personnes et une université va s’y installer. Il y aura une infrastructure routière, métro, train. Voilà autant d’héritages qui constituent bien des investissements et pas des coûts", lance ce chirurgien de formation en guise de conclusion à sa démonstration.

Les craintes pour la sécurité? "Le prix de la démocratie"

Une des inquiétudes récurrentes concernant ces olympiades version 2012 porte sur la sécurité. "Personne ne peut jamais garantir une sécurité à 100%", doit concéder Jacques Rogge, "mais tous les efforts ont été faits", estime-t-il. Le Gantois se veut dès lors rassurant: "j’ai confiance en la qualité de la protection et de la sécurité" londonienne.

Et quand bien même inquiétude il y aurait, "c’est le prix de la démocratie", explique-t-il. "C’est le prix de la démocratie", selon lui car si l’on ne peut plus organiser de grands évènements à cause des craintes sécuritaires, "c’est tout un pan de la vie démocratique qui disparaît".

Julien Vlassenbroek

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