Interdire le parti Islam: la N-VA soutient mais ne veut pas s'engager plus loin

Peter De Roover, chef de groupe à la Chambre de la N-VA.
Peter De Roover, chef de groupe à la Chambre de la N-VA. - © DIRK WAEM - BELGA

La N-VA voit d'un bon œil l'adoption d'une loi qui permettrait d'interdire des partis comme Islam. Son chef de groupe à la Chambre, Peter De Roover, met toutefois les partis francophones en garde: il ne va pas s'embarquer dans des dispositifs qui pourraient, par exemple, viser le Vlaams Belang ou le PTB.

DéFI a déposé avant les vacances une proposition de révision de la Constitution qui permettrait d'interdire les partis liberticides en s'inspirant du modèle allemand. D'autres propositions de partis francophones sont attendues, rappelle jeudi "Le Soir". L'annonce faite par le parti Islam en avril de déposer des listes dans plusieurs communes de Bruxelles et de Wallonie a ravivé le débat sur ce thème et plusieurs partis ont dit leur volonté de doter la Belgique d'un dispositif visant de tels partis.

PTB et Vlaams Belang sur le même plan?

Le sujet a ensuite été relégué au second plan. Il a fallu attendre le dépôt d'une plainte par la tête de liste MR de Woluwe-Saint-Lambert à la suite de menaces proférées par un membre d'Islam pour que le sujet resurgisse. La N-VA rappelle son opposition de la première heure aux partis qui veulent imposer la loi islamique en Belgique. "Nous nous réjouissons du ralliement des partis francophones et nous appelons à une collaboration constructive", a souligné Peter De Roover. Le député nationaliste s'en réfère à un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme de 2003 selon lequel l'introduction de la sharia est incompatible avec le système démocratique. Sur cette base, il est donc possible d'interdire à ISLAM de participer aux élections, selon lui.

"La sharia n'est pas une autre façon d'exercer le pouvoir au sein de notre système démocratique mais il s'agit d'un changement du système lui-même sur lequel on ne peut plus revenir", a-t-il expliqué. Le dispositif éventuel ne peut toutefois pas mener à enfreindre le principe de liberté de participer aux élections. "La porte de l'interdiction ne peut qu'être entrouverte". Pour ce qui est du Vlaams Belang, que visent également DéFI et d'autres partis, dont le PS, le chef de groupe N-VA renverse la question en mettant le parti d'extrême-droite sur le même plan que le PTB, communiste. "Je suis contre le communisme mais si le parti s'inscrit dans le modèle démocratique, il doit avoir la liberté de se présenter aux électeurs. A cela, nous ne voulons pas déroger. Si les partis francophones sont trop restrictifs, ils ne doivent pas compter sur notre soutien", a averti Peter De Roover. 

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