Interdire le gavage en Wallonie? Pas question, mais on pourrait assouplir la définition de "foie gras"

La Flandre a décidé que son unique producteur de foie gras devrait cesser ses activités d’ici 5 ans. En Wallonie, cette décision est soutenue par le ministre de l’Environnement, Carlo Di Antonio, au nom du bien-être animal.
Cette prise de position contre le gavage a évidemment mis en alerte l’ensemble des producteurs wallons. Mais ils peuvent être rassurés. Leurs activités ne sont pas menacées… du moins dans l’immédiat.

Bien-être animal

Le ministre Di Antonio veut mettre fin au gavage des oies et canards. Mais René Collin, son collègue cdH et ministre de l’Agriculture et le Ministre-Président MR du Gouvernement wallon, Willy Borsus, ne sont pas d'accord. Carlo Di Antonio doit bien le constater: "Au sein du gouvernement, il n’y a pas d’accord pour cela. Donc, conclut le ministre, les agriculteurs qui le font aujourd’hui en Wallonie pourront continuer à le faire."

Mais si l’Europe changeait…

Voilà qui devrait rassurer les producteurs wallons. Mais Carlo Di Antonio ne lâche pas pour autant son idée. Il porte le fer au niveau supérieur: L’Europe impose qu’un foie dit gras dépasse 300g, ce qui ne peut s’obtenir que par gavage. Je vais faire des propositions pour modifier cette définition, dit le ministre.
Carlo Di Antonio ne se leurre pourtant pas; s’il parvient à faire percer son projet au niveau européen, ce ne sera certainement pas dans un avenir proche.

Sans gavage

A l’heure actuelle, un seul élevage au monde parvient à produire du foie gras d’un peu plus de 300g sans gavage. La Pateria de Sousa, près de Séville, en Espagne, en fournit toutefois une quantité confidentielle (entre 400kg et 500kg par an) à des tables qui le paient jusqu’à 10 fois plus cher que les produits qu’on peut trouver en Belgique.

Nouvelle concurrence

En revanche, si, comme le souhaite le ministre Di Antonio, la définition du foie gras est modifiée et permet de descendre sous la barre des 300g, beaucoup plus d’éleveurs, même amateurs, pourraient être tentés par l’expérience. Les producteurs actuels devraient alors s’attendre à voir émerger une nouvelle concurrence.

 

 

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