Intégration en Wallonie: parcours obligatoire ou offre de formation?

Willy Borsus (MR) et la ministre de l'Action sociale Elian Tillieux
Willy Borsus (MR) et la ministre de l'Action sociale Elian Tillieux - © RTBF

Le MR souhaite rendre obligatoire tout le parcours d'intégration pour les immigrés en Wallonie. Pour la ministre socialiste Eliane Tillieux, ce n'est pas nécessaire: l'important est de fournir une offre de formation suffisante. Seule la phase d'accueil est obligatoire, rappelle-t-elle dans un débat dans Matin Première.

La ministre wallonne socialiste de l'Action sociale Eliane Tillieux rappelle, au micro de Bertrand Henne l’accord qui est intervenu au sujet de l'intégration début juillet au sein du gouvernement : la première étape, l’accueil, est désormais obligatoire. Lorsqu’elles viennent dans une commune pour se domicilier, les personnes primo-arrivantes sont d’abord informées sur leurs droits et leurs devoirs. Elles sont ensuite dirigées vers un bureau organisé par les Centres régionaux d’intégration qui leur délivre une série d’informations pratiques sur la vie en société en Wallonie et les institutions. La deuxième phase du processus est individuelle, où l’on peut apprendre le français et suivre une formation professionnelle, mais pas obligatoire.

Willy Borsus chef de groupe de l'opposition MR souhaite "un dispositif qui soit clair, et un message qui le soit tout autant : si on veut se donner une chance de s’intégrer dans un pays, il faut en connaître la langue, il faut se former et il faut connaître et respecter un certain nombre de nos institutions. Il faut donc s’inscrire dans une démarche positive par rapport à la société où on veut s’établir. Et non pas de manière fermée, ou dans une position où on conteste voire où on combat la société qui vous accueille, comme on le voit parfois". Le MR souhaite que tout le parcours d’intégration soit obligatoire, et qu’il y ait une évaluation du résultat de la démarche d’intégration.

Bruxelles n'est pas la Wallonie

Puisque l’immigration n’est pas un phénomène nouveau en Wallonie, rendre tout le processus d’intégration obligatoire ne changera rien selon Eliane Tillieux : l’important est de fournir une offre de service suffisante. Les primo-arrivants sont demandeurs de formation, constate-t-elle. Elle insiste aussi sur les différences qu’il y a entre les situations wallonne et bruxelloise : imposer l’apprentissage d’une langue comme le propose Charles Picqué à Bruxelles ne conviendrait pas à la Wallonie, où beaucoup d’immigrés maîtrisent déjà le français.

Pour Willy Borsus, c’est un message ambigu qui est envoyé par les autorités à ceux qui refuseraient de s’intégrer lorsque le processus n’est pas obligatoire.

A.L. avec B. Henne

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