To be or not to be inspecteur scolaire: la fin d'une saga

Inspecteurs de l'enseignement: la ministre présente un nouveau texte
Inspecteurs de l'enseignement: la ministre présente un nouveau texte - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Est-ce la fin d'une saga ? Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles vient d'approuver en première lecture une nouvelle procédure de nomination des inspecteurs de l'enseignement. Il s'agit de mettre fin à un imbroglio juridique qui a démarré en 2013 avec l'annulation par le Conseil d'État d'un examen organisé par le Selor. Le hic, c'est que l'avenir des anciens lauréats qui ont vu leur examen annulé en 2013 est plus qu'incertain.

Le projet de décret prévoit une épreuve pour les inspecteurs "faisant fonction", jusqu'à l'organisation d'une nouvelle procédure en 2019. Le texte ne concerne donc que les membres du personnel qui ont déjà acquis de l'expérience et qui exercent déjà le métier d'inspecteur à titre provisoire. Pour que la personne soit nommée, il faudra qu'elle présente une épreuve orale et, selon son ancienneté, qu'elle suive aussi une formation de 125 heures.

Quid des lauréats 2013 ?

Les lauréats de l'examen organisé en 2013 sont perplexes. Ils furent inspecteurs à peine 3 semaines, puis renvoyés dans leur salle de classe ou leur école car le Conseil d'État a suspendu la procédure de sélection. Depuis lors, ils attendent. Mais ce nouveau texte déposé par la ministre de l'enseignement Joëlle Milquet ne résout rien. Pour eux, il fait surtout la part belle aux inspecteurs en place.

"On sera particulièrement attentif au taux de réussite que ces nouveaux examens vont donner, prévient Sébastien Duez, lauréat de l'examen en 2013, actuellement directeur d'école à Houdeng-Aimeries. Des gens qui faisaient fonction d'inspecteurs et qui étaient désignés de manière politique avaient eu un taux de réussite de moins de 30 % à l'époque par un organisme indépendant comme le Selor. Et comme par hasard, en 2015, on se retrouverait avec des taux de réussite de 90, 95 %, ce serait quand même plus qu'étonnant."

Méfiance

Exit le Selor. Les épreuves orales se dérouleront devant un jury issu de l'administration, de l'inspection et du monde académique ou de l'enseignement. Les lauréats de 2013 eux se méfient et, surtout, se sentent lésés. "Il y a des lauréats qui par ce fait forcément ne rentreront jamais à l'inspection, ajoute Sébastien Duez, dépité. Et, deuxièmement, ça fait un an et demi qu'on l'attend, et aujourd'hui on sera suspendu au résultat d'autres personnes."

Le texte doit encore être soumis pour avis au Conseil d'État. Les lauréats suivront ce parcours avec attention, se réservant la possibilité d'un recours devant la Cour constitutionnelle. La ministre Joëlle Milquet parle elle pourtant de solution consensuelle.

Radia Sadani

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