Inscription en secondaire: une dernière fois avant un changement de décret

La période d'inscription en première secondaire commence ce lundi
La période d'inscription en première secondaire commence ce lundi - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

C’est aujourd’hui que commence la procédure d’inscription en première année du secondaire. Les parents d’enfants qui vont entrer en secondaire l’an prochain ont jusqu’au 6 mars pour remplir leur formulaire et le déposer dans leur école préférée. Avant même de commencer, certains le savent, il n’y aura pas de places pour tout le monde dans toutes les écoles. C’est un peu la même chose chaque année depuis la naissance de ce décret en 2010. La ministre de l’enseignement a annoncé un nouveau décret pour la rentrée 2021, les inscrits de cette année seront donc les derniers à être soumis à ce système.

Les critères qui font la différence

Aujourd’hui, pour attribuer une place à un enfant dans une école, de nombreux critères sont pris en compte. Il y a d’abord des priorités qui sont données. Par exemple, le fait d’avoir un frère ou une sœur dans l’école avantage un élève. C’est le cas aussi quand le parent travaille dans l’établissement où il veut inscrire son enfant. En dehors d’une éventuelle priorité, toute une série de critères entre en ligne de compte pour départager les enfants lorsqu’il y a plus de demande que de places disponibles. Il s’agit de la préférence des parents, du fait d’avoir été dans une école en immersion, de l’existence d’un partenariat pédagogique. Il y a aussi trois critères géographiques : la distance entre le domicile et l’école primaire, la distance entre le domicile et l’école secondaire et enfin la distance entre l’école primaire et l’établissement secondaire.

Tous ces critères sont calculés, pondérés selon des coefficients, pour donner ce que l’on appelle l’indice composite. Il faut bien l’avouer, le calcul est plutôt savant (on multiplie entre eux 7 coefficients sur base des 7 critères) et a de quoi faire perdre la tête à plus d’un parent. L’an dernier, la Fédération Wallonie-Bruxelles a d’ailleurs mis un simulateur de ce calcul en ligne, histoire d’aider – un peu – les parents (http://www.inscription.cfwb.be).

Un nouveau décret pour la rentrée 2021

Cela fait donc dix ans que les inscriptions se font via ce système d’indice composite et cela fait tout aussi longtemps que le décret est sous le feu des critiques. Les critères géographiques sont souvent pointés du doigt comme source de problèmes. Par exemple, si l’on prend la distance entre le domicile et l’école primaire, cela vaut plus que la distance entre le domicile et l’école secondaire. Cela signifie que si l’école primaire de votre enfant est très éloignée, il aura moins de chance d’avoir une place dans l’école secondaire qui est plus proche du domicile de ses parents. Par ailleurs, ces critères géographiques peuvent avoir plus de poids que certains éléments pédagogiques, comme le fait d’être issu d’une école en immersion et de vouloir continuer dans un système similaire.

Lors de sa mise en place en septembre 2019, la nouvelle majorité à la Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé que le décret inscription serait abrogé et remplacé par un nouveau décret. Si l’on sait peu de choses sur les contours du nouveau texte, on sait par contre que les critères géographiques devraient être repondérés pour en diminuer l’impact par rapport aux autres critères. La nouvelle ministre de l’enseignement, la PS Caroline Désir, a dit vouloir repartir d’une page blanche pour le nouveau décret et prendre le temps de bien faire les choses. Le texte est donc attendu pour 2021.

Quel bilan pour l’actuel décret ?

On l’oublie parfois, mais le premier objectif de l’actuel décret était de rendre plus transparent le processus d’inscription en première secondaire. Dans son dernier rapport d’évaluation sur le décret, la commission de pilotage de la Fédération Wallonie-Bruxelles estime que la transparence a bien été améliorée, notamment grâce au formulaire unique et à l’établissement d’une période d’inscription limitée et commune à toutes les écoles. Le système centralisé permet aussi aux parents de savoir où en est la situation de leur enfant, sans devoir s’adresser à chaque école. Il leur permet donc de décider plus facilement s’ils doivent faire de nouvelles demandes d’inscription dans d’autres écoles ou au contraire en retirer.

Cela dit, cette transparence gagnée est largement affaiblie par la complexité du calcul de l’indice composite et le casse-tête que le système représente pour les parents. Difficile de parler de réelle transparence tant il est difficile de simplement comprendre le système.

Quant à l’objectif de mixité, qui n’est plus l’objectif premier mais reste tout de même un des fondements du décret, la commission de pilotage se montre plus réservée. Dans son rapport, elle estime que la part d’élèves issus d’écoles primaires à indice socio économique faible ne varie pas vraiment dans les écoles. Elle n’augmente quasi pas dans les écoles où elle est faible, ne diminue pas plus dans celle où elle est élevée. Bref, d’un point de vue socio économique, la population des écoles a peu changé depuis la mise en place du décret.

De plus, si l’on regarde la priorité la plus appliquée lors de l’inscription, à savoir le fait d’avoir un frère ou une sœur déjà dans l’école, cela ne participe pas non plus à modifier la mixité dans les établissements. L’indice composite, par contre, de par la variété de critères pris en compte, participe un peu plus à la diversification des profils mais peut-être pas assez pour vraiment changer les choses

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