Inquiétudes en Brabant wallon: quand sera finalisé le RER?

RER : inquiétudes confirmées en Brabant wallon
RER : inquiétudes confirmées en Brabant wallon - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

"Rien de bien neuf" dans le dossier. Et c'est précisément ce "rien de bien neuf" qui commence à inquiéter dans le Brabant wallon. Très, très régulièrement, les élus locaux tirent la sonnette d'alarme. Tout simplement parce qu'ils ne voient rien venir... Et pour le moment, il faut bien dire que les changements de ministres de la Mobilité ne semblent rien changer.

En tout cas aux yeux du cdH du BW qui suit le dossier RER de très près. Du côté humaniste, on estime que les apaisements donnés par le ministre fédéral de la Mobilité, le MR François Bellot, à propos de la finalisation des travaux du RER, ne suffisent pas, ne convainquent pas.

François Bellot qui explique et répète que le gouvernement achèvera le RER, la mise à quatre voies des lignes 124 (Bruxelles-Nivelles) et 161 (Bruxelles-Ottignies). Il propose de "réaliser, avant 2024, la mise à quatre voies du tronçon situé entre Watermael et Bakenbos, pour 123 millions d’euros, idem pour la bifurcation vers Louvain-la-Neuve pour 30 millions, des travaux pour les gares d'Ottignies, La Hulpe, Rixensart, Genval, Profonsart. De quoi permettre d’améliorer l’offre de trains".

Et le reste de la ligne ?

Par contre, aucune date précise n’est donnée pour le reste de la ligne, au-delà de la frontière linguistique. Conclusion du chef de groupe cdH au conseil provincial, Philippe Matthis, devenu le "Monsieur RER" de la région : "Jusqu'en 2024 au moins, la mise à quatre voies sur la ligne 161 (Bruxelles-Ottignies) s'arrêtera à la frontière linguistique". 558 millions ont déjà été investis, il manque encore près de 300 millions. Interrogé par "L'avenir" ce vendredi, Philippe Matthis va plus loin: "Le scénario catastrophe se précise (...), le RER ne sera pas fini avant 2032", redoutant même que "côté wallon, les travaux ne soient jamais réalisés". 

Mercredi, a eu lieu une réunion du Conseil consultatif de la mobilité du Brabant wallon consacré au RER en présence de représentants d'Infrabel et de la SNCB, venus informer sur la suite des travaux. Sans réelle nouveauté et avec une équation identique : tant que le fédéral ne libèrera pas les moyens promis, difficile de dresser un véritable échéancier. 

Des améliorations par paliers

Du côté du cabinet de François Bellot, on ne souhaite pas polémiquer. Mais on rappelle que le ministre a présenté sa stratégie aux députés du Brabant wallon le 30 mai dernier. Que l'on défend pleinement la stratégie du RER pour attirer plus de clients, augmenter la capacité des trains, mais aussi optimiser l'utilisation du réseau existant et augmenter la capacité du réseau. Avec objectif, côté offre, d'avoir déjà "d'ici 2024, 4 trains par heure aux heures de pointe". Et le ministre d'insister : "Il ne faudra pas attendre la toute fin des travaux pour bénéficier d'améliorations : cela doit se faire par paliers pour que la clientèle puisse le plus rapidement possible bénéficier de chaque renforcement de capacité pour voir l’offre s’améliorer". François Bellot qui rappelle que la planification du chantier sera fait pour que l’offre augmente en cours de processus et non pas à la toute fin du chantier tant sur la ligne 161 que 124.

Résultat : sans attendre, et une nouvelle fois (la troisième ou quatrième fois en quelques mois), le cdH en appelle aux forces vives du Brabant wallon, autrement dit aux autres partis, en pointant particulièrement le MR, parti du Premier ministre lui-même élu du Brabant wallon, parti du ministre de la Mobilité et d'une série de bourgmestres. Avec une volonté : enfin boucler le financement pour l'ensemble du réseau RER. En février de cette année, le réveil d'une série d'élus libéraux, après des propos du fédéral ayant fait planer le doute - déjà - sur la suite et la bonne fin des travaux, avait semblé remettre le projet RER sur les rails et à l'agenda fédéral... Provisoirement. 

 

 

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