Inondations : la ministre de l’Intérieur crée une Cellule d’Appui fédérale pour aider la reconstruction en Wallonie

Depuis le 26 juillet, l’aide apportée dans les régions touchées par les intempéries est organisée par les gouverneurs de Provinces et par le Commissariat Spécial à la Reconstruction, créé par le Gouvernement wallon. Cependant, la ministre de l’Intérieur vient d’installer une "Cellule d’Appui Fédérale" au sein du Commissariat wallon pour la reconstruction. Dans cette cellule fédérale, se retrouvent des représentants de la Police fédérale, de la Protection civile, de la Défense, de la Santé publique et des pompiers. Officiellement, selon la communication de la ministre de l’Intérieur, il s’agit de "stimuler la coordination sur le terrain et de mieux faire concorder les besoins sur le terrain et l’offre disponible". Cependant, trois semaines après les inondations catastrophiques en Wallonie, faut-il voir, dans cette décision de la ministre fédérale de l’Intérieur, une réponse aux critiques sur les difficultés de coordination de l’aide aux sinistrés dans les provinces wallonnes ?

Le Fédéral avait pris du recul dans la gestion de la crise, laissant les Wallons gérer

Lorsque les intempéries ont frappé le pays, mi-juillet, la phase fédérale de gestion de crise a été enclenchée. Une dizaine de jours plus tard, le 26 juillet, il a été mis fin à cette phase fédérale, en concertation avec les gouverneurs des provinces concernées et le ministre-président wallon, Elio Di Rupo. Ce sont alors les cellules de crise provinciales qui ont récupéré la coordination des opérations, sous la direction de gouverneurs de provinces. C’était à eux de cerner les besoins concrets sur le terrain.

La semaine dernière, le gouvernement wallon a mis en place outil supplémentaire : un Commissariat Spécial à la Reconstruction. Sous l’autorité du ministre-président Di Rupo, ce commissariat doit coordonner tout ce qui relève de la reconstruction, s’appuyant sur les compétences régionales comme l’aménagement du territoire, le logement, les déchets.

La Wallonie bénéficiait toujours de l’appui du niveau fédéral. Depuis le début de la catastrophe, 130 effectifs supplémentaires de la Police fédérale sont mobilisés quotidiennement sur le terrain ainsi que du personnel des zones de secours, de la Défense et de la Protection civile, par exemple.

Pour renforcer le dispositif, le Fédéral se replace au cœur des décisions

Mais trois semaines après la catastrophe, ce dispositif a visiblement besoin d’être renforcé. "Le hub national logistique était disponible. Le Fédéral n’a jamais quitté les régions et communes touchées, mais on veut encore mieux coordonner et mieux communiquer entre le terrain et les services de secours", explique la ministre de l’Intérieur.

Annelies Verlinden constate que, vu "la complexité et l’ampleur de la catastrophe", les "structures provinciales habituelles de gestion de crise doivent être davantage renforcées afin d’organiser l’aide de la manière la plus efficace possible". C’est pourquoi la ministre de l’Intérieur a créé cette nouvelle "Cellule d’Appui Fédérale", au sein de laquelle sont représentés des collaborateurs spécialisés issus des différentes disciplines, à savoir de la Police Fédérale, de la Santé Publique, des Pompiers, de la Protection Civile et de la Défense, en étroite collaboration avec la cellule Info du Centre de Crise National. Cette nouvelle structure est placée sous la supervision du Commissariat wallon à la reconstruction.

Il fallait une courroie de transmission supplémentaire entre le terrain, dans les communes wallonnes sinistrées et les moyens disponibles au fédéral. "On va coordonner les demandes d’aide avec le soutien disponible au fédéral", explique la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden. Il s’agit, dit-elle, d’une "initiative du Fédéral".

En outre, à la demande de la ministre Verlinden, des officiers de la Protection Civile sont chargés de prendre contact avec les bourgmestres des villes et communes les plus touchées afin de leur apporter une assistance, d’identifier les besoins et d’établir une liste de priorités. Ils resteront disponibles aussi longtemps que nécessaire. Cela permettra d’assurer une meilleure concordance entre les besoins sur le terrain et les moyens disponibles.

Du côté du Gouvernement wallon, on parle d’une "initiative concertée"

On a donc, d’un côté, une ministre de l’Intérieur qui annonce que le retour du fédéral dans la gestion des opérations de secours relève de sa décision. Certains observateurs voient dans cette initiative la réaction d’un pouvoir fédéral qui ne veut pas être tenu responsable de la gestion difficile, voire chaotique des opérations de secours en Wallonie.

Cependant, du côté du Gouvernement Wallon, on parle plutôt d’une décision concertée qu’on a soi-même suggérée, alors que normalement, la gestion des services de secours ne relève pas des compétences régionales. "La Région s’occupe de la reconstruction. Toutefois, en ma qualité de Ministre-Président, voyant les difficultés sur le terrain, j’ai estimé qu’il était de mon devoir de travailler avec le Fédéral, pour trouver un mécanisme pour coordonner au mieux l’assistance et aider les sinistrés", déclare Elio Di Rupo, le Ministre-Président wallon.

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