Inondations : "Il y a des attentes infondées" sur le rôle du centre régional de crise, selon son directeur

Premier auditionné ce matin en Commission d’enquête du Parlement wallon sur les inondations du mois de juillet, Simon Riguelle, Directeur du centre régional de crise (CRC).

Quel a été le rôle du centre de crise régional dans la gestion des inondations ? Avant de s’en expliquer, Simon Riguelle a évoqué la genèse du centre régional de crise (la catastrophe de Ghislenghien), son absence de base légale (si ce n’est une note du gouvernement wallon datant de 2010), sa structure, ses procédures, son fonctionnement (être l’interlocuteur unique, côté wallon, lors de situation de crise, tant vis-à-vis du fédéral que des gouverneurs). A l’aide d’une présentation PowerPoint, le directeur a présenté une ligne du temps très structurée des faits et gestes du CRC pendant les inondations du mois de juillet. En conclusion de sa présentation, Simon Riguelle a indiqué que selon lui, "le centre régional de crise porte un nom qui peut être source d’attentes infondées." Le centre ne fait qu'informer, rien de plus.

Courroie de transmission

Le directeur du centre régional de crise a été invité à répondre à de nombreuses questions. Ainsi, le CRC analyse-t-il les messages d’avertissements qu’il reçoit ? Le CRC joue un rôle de "courroie de transmission", pas plus : "nous transmettons aux autorités compétentes les informations que nous recevons, sans les interpréter ou les remettre à notre sauce. Ce n’est pas à nous, par exemple, d’appeler à des évacuations. […] Nous ne disposons pas d’experts en hydrologie." Et Simon Riguelle d’expliquer que ses employés sont polyvalents, "pas des spécialistes de tous les aspects", et suivent régulièrement des formations, la dernière en date concernant l’hydrologie a eu lieu il y a 18 mois. "On s’appuie sur les métiers du SPW, qui chacun gèrent leurs compétences et nous informent."

Plusieurs députés ont voulu comprendre pourquoi l’alerte jaune du 13 juillet n’avait pas été transmise. "C’est une question de gradation. En cas de message orange, la règle est de les transmettre directement. On envoie aux gouvernements. Mais eux-mêmes nous demandent de ne pas envoyer tous les avertissements jaunes. Il y en a, à l’heure actuelle, plusieurs centaines qui sont émis par an. Il y a une sorte de convenances avec nos partenaires. Mais qui les reçoivent par ailleurs. C’est pour ça que l’avertissement jaune n’est pas relayé le 13." Plus loin, le fonctionnaire précise : "La situation décrite est qu’on ne s’accorde pas sur les quantités [d’eau]. A ce moment-là, on nous demande de relayer un message de vigilance sur les canaux [d’information]. Mais on ne sait pas déclencher une pré-alerte s’il n’y a rien. On relaie les messages, on l’a fait sur les canaux de réseaux sociaux de Wallonie. La situation est suivie, comme le reste de l’année. C’est comme ça qu’on fonctionne."

"Important de ne pas dénaturer, a posteriori"

Le directeur ajoute, sur le contenu d’une alerte : "Dans la prévision d’alerte de crue, il y a les modèles, les données, la situation de terrain, l’état de sol, tout est intégré dans le message. Si c’est un message d’information, ça reste une vigilance qui est émise à l’échelle de la Wallonie, pour des situations qui ne sont pas précisées au niveau temporel."

Toujours sur la portée, la signification des alertes, Simon Riguelle précise : "Quand on déclenche un signal d’alerte, il y a un risque significatif sur des infrastructures ou la population. Une pré-alerte, c’est lorsqu’on a une situation intermédiaire. Il faut bien prendre conscience de la nature des messages, des signaux envoyés. C’est important de ne pas dénaturer, a posteriori, des signaux. Il faut bien comprendre dans quel cadre ils sont émis. L’intégration de tous ces paramètres est faite à la source par des experts hydrologues."

Relancé sur la façon dont les différents organismes interagissent (et sur l'éventuel rôle plus important à prendre par le CRC) par rapport aux informations, sur le système global, Simon Riguelle est clair : "L’IRM produit, la DGH analyse et nous répercutons. C’est le cadre actuel, les acteurs se parlent, il y a des protocoles signés pour garantir ce dialogue." Ce n'est pas au centre de crise régional à aller plus loin.

Report et huis-clos

Lors de la reprise des travaux, en début d'après-midi, le président de la commission d'enquête, Jean-Claude Marcourt, a annoncé le report de l'audition d'Olivier Schmitz, le représentant du Collège des Gouverneurs wallons au vendredi 30 septembre. Quant à l'audition de Bart Raeymaekers, le directeur général du centre de crise national, celle-ci se fait à huis-clos, Jean-Claude Marcourt expliquant qu'il "apparait que certains éléments de son audition pourraient nécessiter la confidentialité. Dès lors, conformément à notre règlement intérieur, je vous propose de prononcer le huis-clos." Des documents sur lequel se base Bart Raeymaekers ont été saisis pas la justice. Après accord des commissaires, le huis-clos a débuté.

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