Inondations en Belgique : quels impacts pour l’agriculture ?

Suite aux importantes intempéries qui ont frappé la Belgique, le secteur de l’agriculture devrait être fortement impacté. Maintenant que le plus gros des pluies est passé les premiers bilans sur les dégâts devraient commencer à être fait, même s’il est encore trop tôt pour le dire. La Wallonie a subi d’immenses pertes agricoles encore difficiles à évaluer.

Des pertes difficiles à évaluer pour les agriculteurs

Le gel tardif du printemps ainsi que le froid et la neige au mois de mai avaient déjà ralenti les récoltes de cette année. Ces dernières ont au moins 15 jours de retard sur les récoltes qui normalement devrait déjà avoir lieu. Dominique Lebrun, vice-présidente de la FWA (Fédération Wallonne de l’Agriculture), qui a été très touchée dans son exploitation de Wavre confirme :"L’année était déjà très compliquée à cause du mauvais temps qui persiste, on savait depuis longtemps que ça n’allait pas être une grande année de récolte".

Evaluation d’ici 15 jours

"Avec les coulées de boue qui ont eu lieu, la bonne terre est partie", déplore un autre agriculteur. Les pertes pourront être évaluées d’ici 15 jours au moment des récoltes. Les agriculteurs espèrent que le retour du beau temps pourra vite sécher les sols encore totalement gorgés d’eau.

En Wallonie les cultures les plus touchées sont les betteraves, le maïs, le forment, le colza, le lin, les pommes de terre, des céréales pour le grain, … Toutes ces cultures "risquent de pourrir surtout les betteraves si le temps ne devient pas assez sec", "la récolte de fraises va être elle aussi compliquer, d’autant plus que cette année on a terriblement manqué de chaleur" explique une agricultrice.


►►► Suivez l’évolution de la situation via notre direct commenté


Concernant le bétail aucune perte n’est à déplorer pour l’instant car de nombreux agriculteurs ont réussi à déplacer leurs bêtes à l’abri avant que l’eau atteigne 1m50 dans certaines prairies. Malheureusement les coupures d’électricité due aux crues ont empêché certains agriculteurs de procéder correctement à la traite des vaches.

Il va donc falloir encore attendre avant de savoir précisément combien la Belgique a perdu en récolte, mais l’année avait déjà mal commencé. Pour une agricultrice, on pourrait tabler entre "10% et 30% de perte sur cette année, et encore si on est optimiste et que la chaleur revient vite".

Dans le secteur de Wavre, les parcelles vont encore être touchées par des montées d’eau suite aux évacuations de la ville vers les campagnes. Ce qui risque encore d’alourdir les dégâts sur les récoltes.

Un soutien de l’Etat qui se met doucement en place

Là aussi on se retrouve dans l’attente. Il faut attendre de voir comment les végétaux vont réagir, afin de voir leurs états sanitaires. Il risque d’y avoir des pertes quantitatives mais aussi qualitatives assez importantes.

Marianne Streel de la fédération Wallonne de l’agriculture a précisé qu’il y’aurait deux types d’indemnisation misent en place : "Les communes touchées pourront être déclaré comme calamités publiques, tandis que celle qui ne le sont pas, pourront être déclaré en tant que calamité agricole".

D’abord sauver l’humain et les animaux ensuite on s’occupera d’évaluer les pertes agricoles

Le plus important pour l’heure confirme-t-elle "est de régler les problèmes législatifs, par exemple pour avoir pu déplacer le bétail à l’abri il a fallu qu’on simplifie les déclarations assez rapidement…"

Une réunion de la commission agricole doit bientôt avoir lieu afin de poser une évaluation approfondie des dégâts subis.

Le plus important pour elle reste "d’abord sauver l’humain et les animaux ensuite on s’occupera d’évaluer les pertes agricoles" étant donné que les évènements de ces derniers jours "ont été très violents, très forts".

Le but dans un second temps sera évidemment d’accompagner les agriculteurs pour les aider à avoir un revenu sur cette année. Pour cela, il faut régler le problème des assurances. "Un projet d’assurance climatique est sur la table en ce moment, car avant cela n’existait pas. On a des assurances grêles ou pluie paramétrique mais rien pouvant bien couvrir cet évènement".

Pour l’instant on reste dans l’attente d’une évaluation qui ne pourra s’effectuer que dans les prochains quand les sols seront à nouveau porteurs et que le temps sera au beau fixe.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK