Informateurs royaux prolongés jusque début octobre : "la formation n'est pas encore envisageable"

Arrivés peu avant 15 heures au Palais de Bruxelles, Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a), les deux informateurs royaux désignés par le roi le 30 mai, ont donc fait une nouvelle fois rapport de l’état d’avancement de leur mission visant à la base à "identifier les défis à relever par notre pays, et les possibilités ainsi que les conditions nécessaires en vue de former un gouvernement fédéral".

7ème tête-à-tête du genre après ceux du 30 mai, du 17 juin, du 1er juillet, du 12 juillet, le 29 juillet et le 17 août. Entre-temps, les deux informateurs ont multiplié les contacts avec tous les partis intéressés par la formation au fédéral, organisé deux tables de rencontres à 7 partis (N-VA, PS, MR, Cd & V, Open Vld, Groen et sp.a), rédigé une note dite de "pré-formation" et une synthèse concernant l’évolution du budget fédéral. 

Une heure d'entretien cette fois à l'issue duquel tombait le traditionnel communiqué du Palais : "9 septembre 2019 – Sa Majesté le Roi a reçu en audience au Palais de Bruxelles Messieurs Didier Reynders et Johan Vande Lanotte. Les informateurs ont fait rapport au Roi. Le Roi les a chargés de dégager des points de convergence en vue d’entamer prochainement la formation du gouvernement fédéral. Les informateurs feront un rapport final au plus tard début octobre". La mission d’information continue donc…

Comme l’a expliqué Didier Reynders lors de la conférence de presse : "La phase de formation n’est actuellement pas encore envisageable et possible tant que les gouvernements régionaux notamment ne sont pas encore formés". Objectif donc : préciser, dégager les points de convergences entre partis pour mener à une formation d’un gouvernement fédéral. Les informateurs ont confirmé vouloir travailler sur base d’une série de thèmes concrets pour dégager ces potentielles convergences à savoir – comme déjà dit dans les conférences de presse précédentes du duo – migrations, pensions, assurance-maladie, emploi, sécurité, budget "bien entendu", climat, énergie, pauvreté, relations internationales et défense…

Des informateurs qui ont confirmé ce que l’on savait/sentait déjà : les discussions se poursuivront désormais avec seulement 6 formations, soit N-VA, Cd & V, Open Vld, sp.a, PS et MR. Ecartés donc définitivement Groen et Ecolo (qui avait refusé de participer aux discussions communes précédentes). "Nous avons invité plusieurs fois huit formations à nous rejoindre, il y en a eu sept autour de la table, et on a dû constater qu'une d'entre elles, Groen ne souhaitait pas participer à la formation d'un gouvernement sans Ecolo (...). Nous n’avons pas de capacité à forcer une formation à rejoindre la table", a expliqué Didier Reynders. Sur l’hypothèse d’un gouvernement technique, chargé du budget notamment, le libéral rappelle avoir entendu beaucoup de "formules", mais qu’il n’avait pas entendu de ses interlocuteurs "d’autres pistes que de tenter de mettre suffisamment de partis ensemble que pour obtenir une majorité". Point. Peu de nouveautés visibles donc. A la question de savoir si les informateurs pouvaient avoir la certitude, par exemple, que PS et N-VA pourraient se parler enfin, une fois les exécutifs régionaux formés, réponse laconique de Johan Vande Lanotte : "Aucune certitude. Mais (en français dans le texte) point n’est nécessaire d’espérer pour entreprendre"…  

Réaction colère de Groen

"Ce n'est pas notre choix. Il reste d'autres possibilités", c'est la réaction pour le moins courroucée des Verts flamands qui rappelle que les "électeurs ont demandé une autre politique après la défaite de la Suédoise, et une autre direction vers plus d'investissements, une politique sociale ambitieuse et une autre politique climatique et budgétaire". Groen qui, par la voix de sa présidente Meryem Almaci, insiste sur le fait que son parti a toujours pris ses responsabilités et été constructif à la table des discussions, et plus globalement que les Verts nord et sud constituent le 2ème plus grand groupe du Parlement fédéral...  Le chef de groupe Kristof Calvo souligne que cette exclusion "n'est pas notre choix" et que les Verts "restent disponibles pour un accord de gouvernement plus vert et plus progressif". 

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