Incitant financier pour les mutuelles poussant les malades à retravailler: "Une approche malsaine"

 "C'est comme si les gens faisaient le choix d'être malades, comme si les mutuelles se réjouissaient d'avoir parmi leurs membres des malades de longue durée", dénonce Ahmed Laaouej qui dénonce une approche malsaine laissant croire que les malades de longue durée font exprès d'être malades de longue durée.
"C'est comme si les gens faisaient le choix d'être malades, comme si les mutuelles se réjouissaient d'avoir parmi leurs membres des malades de longue durée", dénonce Ahmed Laaouej qui dénonce une approche malsaine laissant croire que les malades de longue durée font exprès d'être malades de longue durée. - © THIERRY ROGE - BELGA

La ministre des Affaires sociales et de la Santé publique Maggie De Block (Open Vld) a signalé aux mutualités du pays qu'elles seront désormais incitées, financièrement, à pousser les malades de longue durée sur la voie de la réintégration du monde du travail. Pour Ahmed Laaouej, chef de groupe du PS à la Chambre, ce n'est pas la bonne manière d'aborder le problème.

Les mutuelles vont donc être récompensés ou pénalisées en fonction de leurs efforts, des bons et mauvais points qui pourraient voir leurs portefeuilles grossir ou maigrir. Au total 25 millions d'euros seront distribués. "C'est comme si les gens faisaient le choix d'être malades, comme si les mutuelles se réjouissaient d'avoir parmi leurs membres des malades de longue durée, dénonce Ahmed Laaouej qui dénonce une approche malsaine laissant croire que les malades de longue durée font exprès d'être malades de longue durée.

"Clairement, ce qui doit être noté ici, c'est que Maggie De Block est chargée par le gouvernement Michel de trouver de l'argent à tout prix pour combler les trous budgétaire qu'ils ont creusés eux-même du fait d'un définancement massif de plus de 6 milliards d'euros de la sécurité sociale sur l'ensemble de la législature", ajoute Ahmed Laaouej. 

On laisse sous-entendre que les mutualités maintiendraient volontairement des personnes souffrantes de longue durée dans leur "portefeuille"

Maggie De Block souhaite également la fin d'une prime reçue par les mutuelles: un malade de longue durée qui compte pour un membre et demi dans leur financement. Ce sera désormais terminé, ils seront considérés comme des membres ordinaires. "Si les mutuelles doivent d'une manière ou d'une autre s'occuper de personnes qui sont malades de longue durée, cela suppose des frais supplémentaires, ce qui suppose que l'intervention soit majorée", commente le socialiste.

"En disant cela, on laisse sous-entendre que les mutualités maintiendraient volontairement des personnes qui sont souffrantes, de longue durée, c'est-à-dire certifiées par des médecins qui ont des responsabilités, dans leur "portefeuille" pour bénéficier de subventions plus importantes", a réagi quant à lui André Flahaut (PS) dans Matin Première ce vendredi.

Cette réforme vise à endiguer l'augmentation du nombre de malades de longue durée. 

Ecolo dénonce une logique budgétaire

Pour Ecolo, la ministre prend une nouvelle fois le problème à l'envers en ne cherchant pas à résoudre les situations qui causent les maladies de longue durée, mais en s'attaquant aux personnes malades elles-mêmes et aux mutualités qui les assurent.

"Nous appelons une nouvelle fois la ministre de la Santé à mettre son énergie dans la protection de la santé des citoyens plutôt que d'uniquement suivre aveuglément une logique budgétaire. L'amélioration des temps de travail et des conditions de travail doivent intégrer réellement les contraintes des familles sous peine de poursuivre l'explosion de burn out, d'abandon du travail à temps plein, notamment par les femmes", a réagi la députée Muriel Gerkens, présidente de la commission de la Santé de la Chambre.

La députée écologiste dénonce l'inertie de la ministre Open Vld dans toute une série de matières relevant de la santé publique, telles que le scandale VW ou le combat pour une alimentation plus saine. "De nombreuses études pointent le fait que les déterminants économiques, sociaux, environnementaux agissent directement sur plus de 90% de notre santé. Malgré ces faits, la ministre préfère se laver les mains et sanctionner celles et ceux qui en sont les victimes. Ce n'est pas digne, ni responsable, de la part d'une ministre de la Santé", a-t-elle conclu.

Reportage dans notre JT 13h de ce vendredi 06 avril:

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