Impôt des sociétés: un peu, passionnément… pas du tout?

Baisse de l’impôt des sociétés: maintenant ou après les élections?
Baisse de l’impôt des sociétés: maintenant ou après les élections? - © RTBF

Intérêts notionnels, contrôle des banques, volonté de la N-VA de monter dans le prochain gouvernement fédéral… La rentrée politique promet déjà un septembre caniculaire, comme l’ont montré les partis francophones réunis pour le Mise au Point de rentrée.

Le cdH veut une baisse de l’impôt des sociétés avant les élections. Principalement par la suppression des intérêts notionnels. Melchior Wathelet propose de recycler le coût net des intérêts notionnels pour les investir dans des entreprises de plus petite taille "Réduisons le taux d’imposition des entreprise. Les petites structures alimentent plus fortement la véritable économie "

Baisse de l’impôt des sociétés: maintenant ou après les élections?

Au MR, Olivier Chastel tient à calmer le jeu en rappelant que l’intérêt notionnel avait été instauré lorsque, précisément, il n’y avait pas d’accord de gouvernement pour réduire l’impôt des sociétés. "Depuis, nous avons réduit les intérêts notionnels, mais des ministres régionaux nous disent que ces intérêts sont un aimant pour les entreprises étrangères. Il nous faut donc de la stabilité fiscale et éviter de travailler à la va-vite. Le parlement planche sur la prochaine réforme fiscale. Il ne faut pas le faire à la hussarde avant les élections. Charles Michel propose d’ailleurs une formule complète." Mais alors que pour le MR, la réforme fiscale devra être la prochaine priorité du nouveau gouvernement, au cdH, Melchior Wathelet  assure que "c’est faisable tout de suite, avant les élections".

Karine Lalieux, députée fédérale PS, demande que le débat sur les intérêts notionnels soient lié à la création d’emploi, mais souligne qu’il n’y a pas d’accord de majorité pour cela: "Qui a voulu l’instauration d’un impôt minimum sur les sociétés? C’est nous et c’est un premier pas. Il faut travailler sur les entreprises qui distribuent des dividendes et ne paient pas d’impôt." Le PS accepte toutefois de parler de la baisse d’impôt pour les PME.

Raoul Hedebouw s’enorgueillit que le PTB ait été le seul à voter contre les intérêts notionnels en 2005. "Aujourd’hui tous les partis nous rejoignent.". Et pas question pour lui de réduire la fiscalité des entreprises: "On la déjà fait en passant de 45% à 34%. L’impôt réel est de l’ordre de 11 à 12% et cela sert de message à l’étranger pour attirer des investisseurs. La majorité a un double discours, et les cadeaux fiscaux ne rapportent pas d’emploi. Il faut investir dans l’emploi sûr. Il  faut taxer les millionnaires pour investir dans les services publics ".  

Des propos qui font bondir Melchior Wathelet (cdH): "Il faut  à un moment créer de la richesse et dans les propositions du PTB, rien ne crée de la richesse. Dans ce gouvernement on a augmenté la charge sur les revenus mobiliers pour diminuer la charge sur le travail en augmentant la quotité exemptée d’impôt. Cela permet aux bas salaires d’avoir davantage de salaire poche".

Comme le MR, Olivier Maingain au FDF ne veut pas que l’on jette d’enfant avec l’eau du bain: "Nous avons tous participé à ces réformes fiscales et L’intérêt notionnel présentait l’avantage de la recapitalisation des entreprises au moment où la crise les pénalisait. Il faut aujourd’hui faire la différence entre les entreprises venues en Belgique pour faire une bonne affaire et les PME qui y trouvaient un intérêt légitime sous forme de recapitalisation". Il ne faut pas balancer le système d’un revers de la main". Il évoque l’exemple néerlandais ou l’assiette fiscale a été accrue en taxant  les revenus  mobiliers en appliquant un rendement annuel moyen  (par exemple 5%) générant un impôt de 25% sur cette croissance. Il est rejoint par Olivier Chastel qui veut que l’on cible les spéculateurs en bourse. 

Olivier Deleuze s’en prend, lui à la nécessité "de réguler les banques qui nous ont mis dans la mouise.  L’intérêt notionnel est une aide non discriminée une aide au capital financier. Les aides fiscales doivent être ciblées vers l’emploi et donc avantager les PME qui forment la principale source d’emploi".

Dans  9 mois, avec ou sans la N-VA? 

Interrogés sur la volonté de Siegfried Bracke (N-VA)  d’entrer dans le prochain gouvernement fédéral, les partis réagissent dans toutes les directions. "Le premier objectif de la N-VA est de mettre à mal l’Etat belge. On doit donc convaincre le nord que l’on a bien travaillé et que notre richesse c’est de vivre ensemble" commente Karine Lalieux (PS).

Olivier Maingain s’en réfère lui à Guy Verhoftstad qui a qualifié le parti de Bart De Wever de parti d’extrême droite:  "Les connivences entre N-VA et le Belang sont connues. Je combats tous les nationalismes. C’est une menace pour tous les pays et pour la démocratie. Il faudra un courage inébranlable pour dire à la N-VA qu’elle est hors-jeu".

Pour le MR, Olivier Chastel dit ne créer aucune exclusive, mais prévient qu’il ne faudra pas remettre à l’agenda politique une nouvelle  réforme de l’Etat.

Jean-Claude Verset

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