Impasse au fédéral: "Une alternative Vivaldi sans le CD&V, ce serait très grave"

L'invité de Matin Première: Egbert Lachaert
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Nous n’avons pas encore de gouvernement 267 jours après les élections. Comment sortir de l’impasse, quelles sont les alternatives ? Les présidents de partis vont défiler cet après-midi au Palais. Tous misent sur la créativité du Roi, mais quelle carte le souverain a-t-il encore en main ?

L’invité de la Matinale sur la Première avec Thomas Gadisseux était le libéral flamand Egbert Lachaert, le chef de groupe de l’Open VLD au Parlement.

Son nom ne dit peut-être pas encore grand-chose aux francophones et pourtant il est en pôle position pour reprendre les rênes du parti libéral flamand, l’Open VLD doit en effet se trouver un nouveau ou une nouvelle présidente d’ici trois semaines. Là où ça devient intéressant dans le contexte de crise politique, c’est que les libéraux ont, pour l’instant, une position stratégique.


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Serait-il prêt à s’allier à une coalition sans la N-VA, sans majorité en Flandre et peut-être même sans le CD&V, si celui-ci continue de piétiner avant de faire le grand saut ? Jusqu’ici, Egbert Lachaert était un frondeur au sein de son parti. Il s’est ouvertement et publiquement positionné contre cette coalition progressiste (sans les nationalistes). Mais en politique les temps changent et parfois rapidement en ce moment…

Que peut faire le roi Philippe dans la situation actuelle ?

Pour Egbert Lachaert, il est difficile de donner des conseils au Roi en ce moment. "Je crois que les choses sont très compliquées après ce qu’il s’est passé vendredi. C’est dommage qu’après la mission de Koen Geens qui avait la volonté de chercher un accord entre les deux grands partis en Belgique, les plus grands partis de chaque communauté, ça se soit terminé de cette façon, dans la presse. Je crois qu’il y avait des méthodes plus élégantes pour mettre fin à cette mission, même si monsieur Magnette avait dans l’idée que ça n’allait pas marcher avec la N-VA".


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Une opération de clarification politique

Ce dernier épisode n’était-il pas, finalement, une opération de clarification politique, pour mettre un terme à l’hypocrisie ? On connait les choix de chacun et maintenant il s’agit de les assumer ? Egbert Lachaert : "Mais le problème quand on agit de cette façon, on n’apporte pas une solution. Même s’il n’y a pas d’accord entre le PS et la N-VA, les alternatives ne vont pas se concrétiser en agissant comme il l’a fait (Paul Magnette, président du PS : ndlr). Si on veut une alternative, ce sera probablement sans une majorité en Flandre, ce qui est très compliqué pour le sp.a, l’Open VLD et le CD&V, …".

Comment convaincre pour mettre en place une alternative ?

Rappelons qu’à la fin de la mission de Paul Magnette, la présidente de l’Open VLD, Gwendolyn Rutten était prête à donner son feu vert pour cette coalition sans les nationalistes, une coalition progressiste donc. Egbert Lachaert a à ce moment mené la fronde avec d’autres députés. A-t-il changé d’avis ? Egbert Lachaert : "Non, je crois que la note Magnette était imbuvable. C’était beaucoup de rouge et de vert, mais pas beaucoup de bleu. On avait peur que si on allait vraiment au bout, cela ne devienne une opération taxation".

L’Open VLD serait-il prêt à une coalition sans les nationalistes ?

Egbert Lachaert insiste : "Il n’y a pas d’exclusives au sein de l’Open VLD". Selon le libéral flamand, c’est le contenu qui doit définir ce qui est acceptable ou pas : "Si on doit parler des alternatives, il faut qu’il y ait un contenu convaincant et que nous pourrons défendre devant nos membres". Et cela même sans une majorité en Flandre ? Pour Egbert Lachaert, sa préférence est une coalition avec une majorité dans chaque communauté linguistique. Mais : "Dans le passé, c’était l’inverse et c’était aussi un problème du côté wallon. Donc, il n’y a pas d’exclusives… On essaye, mais si on n’y arrive pas, on se tourne vers d’autres solutions".

Les alternatives existent. Qu’est-ce qu’on attend ?

Les alternatives existent, mais le libéral flamand pense que les événements de ces derniers jours ont bloqué le CD&V. Or, il est important à ses yeux que le CD&V soit de la partie. Egbert Lachaert : "Une alternative Vivaldi sans le CD&V ce serait très grave. Nous n’aurions ni le premier parti en Flandre, ni le deuxième, bon ça je comprends, ce n’est pas un parti démocratique, mais le troisième non plus. Il n’y aurait plus que des petits partis en Flandre. Ce sera un problème important en termes de soutien en Flandre pour ce gouvernement".

Ci-dessous l'interview au complet

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