"Image dégueulasse", "fonctionnement de clan mafieux": malgré les déclarations-choc, Georges-Louis Bouchez reste président du MR

Bureau du MR : le président Georges-Louis Bouchez joue-t-il sa tête ?
Bureau du MR : le président Georges-Louis Bouchez joue-t-il sa tête ? - © ERIC LALMAND - BELGA

Au Bureau du MR, ce lundi, les discussions ont été animées. Le président, Georges-Louis Bouchez, s’est attiré les foudres d’autres membres du parti. Doit-il rester président ? Doit-il être encadré ? Autant de questions sur la table du bureau du Mouvement réformateur. Les mots, à l’entrée du Bureau, étaient plutôt " durs ".

Mais à la sortie, il s'avère que le fougueux président restera en poste, les mandataires lui laissant ce que l'un d'eux a appelé "une dernière chance". Tout au plus une réunion "inter-groupes" parlementaire se penchera-t-elle ce lundi soir sur la manière d'amener plus de "collégialité" dans les décisions...

Georges-Louis Bouchez sous-pression

La désignation des ministres MR au gouvernement fédéral et le remaniement avorté, car illégal, imaginé au gouvernement wallon ont fait déborder le vase. Depuis, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, était sur la sellette. Il avait déjà été mis en difficulté quelques jours plus tôt lors des négociations pour la formation du gouvernement fédéral. D’autres partis de la coalition ne voulaient plus discuter avec lui. La Première ministre, Sophie Wilmès, avait été appelée à la rescousse pour encadrer son président de parti.

La semaine dernière, le jeu de chaises musicales que Georges-Louis Bouchez a imaginé pour désigner les ministres MR a mis le feu aux poudres. L’idée de parachuter Denis Ducarme au gouvernement wallon à la place de Valérie Debue s’est avérée rapidement être une catastrophe, car il n’y avait alors plus assez de femmes au gouvernement pour respecter la législation. Cette bourde de " GLB " a valu à ce dernier d’être sous pression depuis ce moment.

Une mise sous tutelle ? Un président ad interim ? De nouvelles élections ?

Ce lundi matin, à l’entrée du Bureau de parti du MR, les commentaires et les phrases assassines allaient bon train. Denis Ducarme, ministre fédéral dans le prochain gouvernement, ministrable wallon pendant deux heures avec les conséquences que l’on connaît, dit qu'il a "été humilié". Il est arrivé au Bureau du MR sans revendication personnelle : " Je ne réclame rien pour moi, je ne suis pas ici pour avoir ma petite place ", a-t-il déclaré. 

Pour lui, c’est le parti qui doit retrouver sa place, a-t-il estimé. Une des pistes, mise sur la table par le président, est que celui-ci soit entouré de quatre personnes pour l’aider dans les décisions à prendre. Pour Denis Ducarme, cela pose question : " Je ne suis pas certain que la piste d’un président sous tutelle soit praticable. Ils ne vont quand même pas aller à cinq aux réunions ? ", a-t-il réagi. " Je ne suis pas là pour réclamer la tête de quiconque. Faut-il de nouvelles élections ? Faut-il encore une autre piste avec un président ad interim ? Je n’en sais rien, je veux qu’on tourne cette page déplorable ", a estimé Denis Ducarme, pour qui l’image que le parti a renvoyée à la population est " dégueulasse ".

Je ne veux plus d’un mode de fonctionnement qui ressemble plus à celui d’un clan mafieux qu’à autre chose

Plusieurs personnalités du MR se sont exprimées avant d’entrer au siège du parti. Sabine Laruelle, ancienne ministre et ancienne présidente du Sénat s’est aussi prononcée négativement sur cette idée de mettre le président du MR sous tutelle. " C’est totalement insuffisant. J’en ai assez de voir un parti avec des gens qui se conduisent en despotes. Je n’en peux plus du népotisme et je ne veux plus d’un mode de fonctionnement qui ressemble plus à celui d’un clan mafieux qu’à autre chose. Il faut des règles nouvelles, il faut de la gouvernance ", a déclaré Sabine Laruelle.

Pour Daniel Bacquelaine, également ancien ministre et parlementaire, " Il faut revoir fondamentalement la gouvernance du parti. Le club de belles-mères ne me paraît pas très judicieux par rapport au message que l’on délivre. Il faut un président avec des vrais pouvoirs, mais qui sait s’entourer. Il faut que l’intérêt du parti soit préservé ", a estimé Daniel Bacquelaine.

" Pas question de belles-mères " non plus pour Willy Borsus, le vice-président du gouvernement Wallon. Il a prôné une " approche plus collégiale ", afin "que les décisions soient préparées, partagées ensemble ", a-t-il ajouté.

Pour Jean-Luc Crucke, autre ministre wallon, " les solutions ne peuvent pas être des clopinettes. Elles doivent être des solutions de gouvernance dans lesquelles la démocratie de parti est sauvegardée et dans lesquelles lorsqu’on s’exprime à l’extérieur, on est certain qu’on représente ce que le parti dit et pense ".

Georges-Louis Bouchez est " serein "

Le principal intéressé, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, est arrivé au bureau du MR dans " un état d’esprit très serein, constructif, avec la volonté d’apaiser tout ça ". Quant à sa proposition d’être entouré d’autres responsables du parti dans la prise de décision, GLB a déclaré : " la question n’est pas d’être encadré. La question est de modifier la gouvernance du MR pour qu’il y ait plus de collégialité et plus de transparence ".

Et quand on lui demandait s’il serait encore président du MR ce soir, Georges-Louis Bouchez répond " Oui, j’y compte bien, ne vous inquiétez pas ". Pari tenu, donc...

 

 

 

L'analyse de Bertrand Henne dans Les coulisses du pouvoir

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