Il y aura des consultations populaires en Wallonie

Ce matin, le Parlement wallon fait le point sur la Consultation populaire. Le sujet, au départ, semblait ne pas faire problème. On allait régler tout cela en deux coups de cuillère à pot. Pourtant, la commission a pas mal patiné avant d’aboutir.

Mais le résultat est là. La Wallonie va donc devenir la première région qui permettra de consulter le citoyen sur des sujets d’intérêt régional.

Trois partis s’accordent

Une conférence de presse présente solennellement l’accord ce matin. On y voit pourtant que trois partis : le PS, le cdH et le MR, soit les partis de la majorité et le principal parti d’opposition. Écolo fait donc bande à part. Les autres ne s’en soucient pas trop : à eux trois, ils peuvent rassembler la majorité des deux tiers nécessaire pour voter les dispositions.

Écolo un pied dedans, l’autre dehors

Pourtant, Écolo votera sans doute le texte. Stéphane Hazée, chef de file des Verts wallons, se montre constructif : ce texte est déjà une avancée, explique-t-il, et mérite d’être soutenu. Mais Écolo ne le signe pas parce qu’il est trop restrictif à son goût.

Le parti déplore plusieurs dispositions comme certaines exigences qu’il juge trop élevées. Il faut en effet que la demande de consultation des citoyens recueille plusieurs dizaines de milliers de signatures et atteigne un seuil minimal dans la majorité des circonscriptions.

Parmi les autres réticences, Stéphane Hazée mentionne aussi l’impossibilité de soumettre à consultation des accords internationaux.

Traités internationaux exclus

Sur ce point, l’actualité récente a pourtant démontré un engagement citoyen très fort autour du TTIP. Mais si le texte sur la consultation populaire passe la rampe – ce qui n’est pas douteux – le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, au cœur d’une importante contestation, restera chasse gardée des députés bien que la sensibilité populaire ait été nourrie de nombreux arguments – pour ou contre – le traité.

La maturité politique n’est pas toujours l’apanage du personnel politique. C’eût été, sur ce cas sensible, l’occasion de réconcilier des parlementaires et des citoyens qui ont tendance à s'éloigner l'un de l'autre. Occasion à demi-réussie. Mais le citoyen se contentera-t-il d'une demi-conquête démocratique? 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK