"Bien plus d'exclus du chômage si la loi n'est pas vite abrogée"

Ces manifestants réclament tout simplement que les choses changent. À l'image de Sébastien, 36 ans, qui vit désormais dans une angoisse permanente en attendant les revenus d'insertion sociale du CPAS, ils sont quelque 35 000 à être exclus du chômage.

À l'origine de cette exclusion massive : l'article de loi 63.2 qui concerne les allocations d'insertion. Les manifestants, rassemblés devant les bureaux des CPAS à Bruxelles, Liège, Verviers ou encore Namur, réclament dès lors son abrogation pure et simple.

"On parle bien de gens qui bénéficient d'allocations d'insertion, qui bénéficie donc de ce que l'on appelle aussi des allocations sur base des études, explique Thierry Muller, responsable du réseau "Stop article 63.2". Ce ne sont donc pas des personnes qui bénéficient d'allocations sur base d'un travail, mais cela ne veut pas dire qu'ils ne travaillent pas. Beaucoup d'entre eux travaillent à temps partiel, en intérim, etc. Sauf que, dorénavant, ils n'auront plus droit à des allocations que pendant 3 ans à partir de leur trentième anniversaire, sauf s'ils cohabitent avec quelqu'un qui a un salaire : à ce moment-là, c'est 3 ans, peu importe l'âge."

"Vous avez donc des gens qui, alors que l'on est dans un marché du travail exsangue, se retrouvent, à 33 ans, exclus de tout bénéfice d'allocations. Parmi eux, on retrouve énormément de mères de famille; beaucoup de femmes sont aussi visées parce qu'elles travaillent à temps partiel par exemple."

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Des personnes manifestent devant les bureaux du CPAS de Bruxelles. © Philippe CARLOT - RTBF

"Abrogation immédiate" et "réintégration" complète

Ils sont donc 35 000 à être concernés par cette mesure, mais, d'après les manifestants, ce nombre pourrait encore s'alourdir chaque mois.

"Ce qui est institué maintenant, c'est un principe de fin de droit", commente Thierry Muller. "Des personnes vont donc perdre leurs allocations tous les mois. Les 35 000 exclus dont on parle actuellement seront bien plus nombreux d'ici la fin d'année. Bien d'autres vont s'ajouter, sauf si nous parvenons à faire abroger cette loi. C'est en effet notre objectif: l'abrogation immédiate et totale, la réintégration de toutes les personnes exclues jusqu'à présent dans le droit légitime aux allocations, et le retrait des dernières mesures qui limitent de manière drastique l'accès à ces allocations."

À Liège notamment, le cortège de manifestants a prévu de se rendre jusqu'à l'Onem où ils tenteront de rencontrer la direction, le but étant de l'amener à réagir face à cette situation qui se dégrade selon eux de plus en plus.

T. Mignon avec D. Brichard

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