Il y a encore de l'exploitation d'êtres humains en Belgique

Il y a notamment de l'exploitation d'êtres humains dans le secteur de la construction en Belgique
Il y a notamment de l'exploitation d'êtres humains dans le secteur de la construction en Belgique - © Kevork Djansezian/Getty Images/AFP

Beaucoup de cas de traite et trafic d'êtres humains, notamment dans les secteurs du bâtiment, de la boucherie et de l'agriculture, sont enregistrés chaque année en Belgique, a expliqué le directeur du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, Jozef De Witte. Une législation européenne, introduite en 2011 pour lutter contre ce fléau, n'a été que partiellement transposée dans le droit national belge, a indiqué lundi la Commission européenne.

De nombreux cas d'exploitations d'êtres humains, autant dans l'industrie du sexe que dans d'autres secteurs économiques, se produisent encore actuellement en Belgique, a regretté Jozef De Witte.

Quelque 64 condamnations pour traite d'êtres humains ont été constatées en 2010 en Belgique, selon des chiffres partiels du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme. Plus récemment, le tribunal correctionnel de Gand a condamné le 5 novembre dernier la société Carestel et son sous-traitant Kronos à des amendes de respectivement 99 000 et 528 000 euros pour la mise au travail indigne de personnel d'Europe de l'Est dans les installations sanitaires de trois restaurants Carestel le long de l'autoroute vers la Côte belge.

La Commission européenne a relevé lundi dans un rapport que plus de 23 600 personnes ont été victimes ou sont supposées avoir été victimes de trafic d'êtres humains en Europe entre 2008 et 2010.

La Commission a également précisé qu'entre 2008 et 2010, le nombre de verdicts de culpabilité pour traite ou trafic de personnes a diminué en Europe (de 1534 cas à 1339). "Les trafiquants modifient leurs stratégies pour éviter de se mettre en danger", poursuit Jozef De Witte. Certains trafiquants actifs dans le commerce du sexe ont ainsi changé leurs manières de fonctionner, par exemple en exploitant des personnes dans des salons de massage.

La commissaire européenne en charge des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a menacé lundi de sanction les Etats membres qui ne suivaient pas la législation européenne en matière de trafic d'êtres humains. La majorité des Etats sont visés. La Belgique, quant à elle, n'aurait transposé que partiellement ces directives européennes.

Jozef De Witte précise qu'un arsenal législatif important pour lutter contre ce fléau a été mis en place en Belgique. "Des lois pour lutter contre ce fléau sont présentes depuis 1995 dans le droit belge. Notre modèle est d'ailleurs souvent pris comme exemple", constate Jozef De Witte.

Le directeur du Centre pense que le défaut de la Belgique est de ne pas fournir des chiffres complets pour évaluer ce fléau. Il plaide pour un système de statistique efficace dans notre pays. "Pour répondre aux questions des instances internationales, les différents acteurs belges liés au phénomène se doivent de produire des chiffres précis concernant les victimes et les condamnés", conclut Jozef De Witte.


Belga

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