Il y a cinq ans disparaissait Michel Daerden: "Il n'a pas été remplacé" (vidéos)

Il y a 5 ans exactement, le 5 août 2012, Michel Daerden disparaissait dans le Var comme il avait vécu: entouré d'amis, après un bon repas, après avoir bu une bonne bouteille. 

"On peut dire qu'il n'a pas raté sa sortie", commente l'ancien journaliste Louis Maraite, auteur de "Daerdennmania". Dans ce livre, l'actuel directeur de Communication du CHU Liège retrace la vie de l'ancien ministre socialiste, de sa jeunesse ansoise aux côtés d'un papa cheminot à l'immense popularité acquise dans les années 2000. 

Ce qu'il laisse? Un vide...

"Cinq ans après, il laisse... un vide, explique Louis Maraite. Il n'a jamais été remplacé. Dans la façon de communiquer, premièrement, même si beaucoup ont essayé. Mais il y avait chez Daerden quelque chose de plus que de la bêtise médiatique: il y avait surtout une grande empathie. Il était réellement proche des gens, c'est pour ça qu'il savait comment communiquer avec eux. D'autres ont voulu suivre sa voie, mais ça n'a pas marché. Lui pouvait se le permettre car les gens l'aimaient bien".

Et au niveau politique non plus, Michel Daerden n'aurait pas de réel successeur. "Sa devise, c'était faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux. Et ça, plus personne n'a réussi à le faire. Bien sûr, il y a toujours des politiciens qui travaillent sérieusement, mais ils n'arrivent généralement pas à faire passer leur message. Moreau, par exemple, l'a remplacé intellectuellement à Liège. Mais au niveau de son image, c'est la catastrophe. Daerden, lui, par ses pitreries, arrivait à faire valider sa politique". Avec des résultats, notamment au niveau de sa commune, et des travaux publics, pointe Louis Maraite.

Son empathie n'était pas calculée

Aujourd'hui, un Georges-Louis Bouchez tente de se faire remarquer via des pointes d'humour, et une communication plus "libre". "Mais il n'assume pas totalement, analyse Louis Maraite. Et puis surtout, la grande différence c'est que Michel Daerden n'était jamais méchant. Il respectait les personnes. Lorsqu'il était ministre des chemins de fer, il est descendu  sur les lieux d'une catastrophe ferroviaire à Bas-Oha, qui avait fait des victimes. Il pleurait réellement avec les gens. Mais lorsque le Standard était champion, il dansait avec Conceicao. Son empathie n'était pas calculée".

"Les bonnes années"

Louis Maraite doit cependant admettre que l'exubérance du ministre aurait peut-être plus de mal à passer aujourd'hui. "Il a sans doute connu 'les bonnes années'. Il a toujours assumé sa personnalité, ses outrances, son goût pour les voitures, les bonne stables, le St-Estèphe et les femmes. Mais ça passait car ça correspondait finalement aux préoccupations de beaucoup de gens. Dans une société où les libertés se restreignent, apparaître saoul comme lors de la soirée électorale où il parle des "grands accords" et de "son président" ne passerait sans doute plus. Il avait cependant assez d'intelligence pour adapter son discours au climat actuel, même s'il serait toujours resté hors normes".

Par contre, sa carrière politique n'aurait sans doute pas pu résister à la crise liégeoise de la bonne gouvernance. "Son problème de révisorat aurait fini par lui éclater à la figure". Et de rappeler que c'est sa mort qui a éteint l'action publique autour de ces supposés conflits d'intérêt. "A l'époque, beaucoup ne savaient même pas ce que c'était le révisorat. Mais aujourd'hui, ça ne passerait plus jamais". Idem pour son rapport avec les femmes, estime Louis Maraite. Qui outre la soirée électorale, et le fameux épisode des "carottages" ("On ne va pas laisser les trous comme ça, hein"), se souvient de cette fameuse réplique alors qu'on interrogeait Michel Daerden sur l'avenir du gouvernement "sans les verts": "Eh bien, on boira à la bouteille, alors!" 

"Sa meilleure". Qui résume bien le personnage, et l'image qu'on gardera de lui....

 

Petit melting-pot de moments médiatiques de Michel Daerden, roi de l'exubérance:

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