"Il serait totalement justifié d’appliquer le couvre-feu à l’ensemble du pays" estime Catherine Linard, géographe de la santé à l’UNamur

Les provinces du Brabant wallon et du Luxembourg ont pris la décision de faire passer leurs territoires sous couvre-feu : plus personne ne pourra se trouver dans la rue entre 1h et 6h du matin. Une mesure qui entrera en vigueur dans la nuit de mardi à mercredi. Pour les trois autres provinces wallonnes, aucune décision n’a encore été prise à l’heure où nous écrivons cet article.

Sur le plateau de Questions en Prime, Catherine Linard, géographe de la santé à l’Unamur, et Bénédicte Delaere, infectiologue au CHU UCL Namur, ont toutes deux insisté sur l’intérêt d’une telle mesure.

"Ce couvre-feu a un sens, c’est même une décision indispensable vu la situation qui a tendance à se dégrader dans nos hôpitaux" estime l’infectiologue.

Et Catherine Linard va même plus loin. "Vu la circulation du virus, il serait totalement justifié d’appliquer le couvre-feu à l’ensemble du pays, ou au moins aux grandes villes".

Reconfinement inévitable ?

"Il y a clairement moyen d’activer d’autres mesures avant d’en arriver au reconfinement", explique Catherine Linard. "On peut agir par exemple sur certains secteurs d’activité, ou inciter beaucoup plus sur le télétravail en obligeant les personnes qui le peuvent à en faire".

Si l’on devait reconfiner, il serait possible de le faire partiellement. Pas question cependant de confiner une partie de la population selon sa tranche d’âge. Par contre, un confinement limité à une zone territoriale précise pourrait être une solution pour la géographe de la santé.

Si cette mesure était prise, pourrait-on imaginer un reconfinement sur une courte période de 15 jours, par exemple ? Pour l’infectiologue, cela serait une fausse bonne idée : "le virus va circuler, et il ne va pas s’arrêter en 15 jours. Par ailleurs, il faut plusieurs semaines avant de pouvoir mesurer l’impact de nouvelles mesures".

Beaucoup sont d’avis qu’il faut à tout prix éviter une nouvelle période de confinement, et souhaiteraient laisser circuler le virus pour créer une immunité collective. Cette idée qui ne tient pas la route, selon Bénédicte Delaere : "pour parvenir à cette immunité, on estime qu’il faut 70% des gens soient touchés par le virus… Nous en sommes très loin. Or on voit que la situation devient problématique dans les hôpitaux. Ce que nous cherchons à éviter, c’est précisément l’engorgement de nos hôpitaux".

Mais le reconfinement fait peur, notamment en termes économiques. Aurait-il pour conséquence la faillite de notre pays ? L’économiste Etienne de Callatay se veut rassurant : "l’économie a rebondi après le premier confinement et elle rebondirait encore si on devait reconfiner. Le confinement, ce sont bien évidemment des drames personnels et des faillites, mais au niveau macroéconomique, le pouvoir d’achat des Belges n’a, en moyenne, pas diminué".

 

 

 

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