Valérie Glatigny : "il n'y aura pas d'économie sur l'enseignement supérieur et la recherche scientifique"

Elle est en charge d’un gros portefeuille au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ou plutôt de plusieurs portefeuilles. La libérale Valérie Glatigny est à la fois ministre de l’Enseignement supérieur, de l’enseignement de la promotion sociale, de la recherche scientifique, des hôpitaux universitaires, de l’aide à la jeunesse, des maisons de justice, de la jeunesse, des sports et de la promotion de Bruxelles. Neuf compétences au total ! La ministre aux multiples casquettes était l’invité de Jeudi en prime ce jeudi soir.

Interrogée avant tout sur les propos polémiques de Georges-Louis Bouchez, la ministre libérale s’étonne de la virulence des réactions car "il ne me paraît pas anormal qu’un homme politique exprime une vision idéale de son pays". Elle précise que "le plus important maintenant c’est d’obtenir un gouvernement fédéral".

Les bourses d’étude

Récemment, la ministre a annulé la demande de remboursement des bourses scolaires indûment perçues. "Cette décision n’a pas été prise pour un enjeu budgétaire. Ce qui nous motivait c’était vraiment le fait que lorsqu’un étudiant n’a pas épuré sa dette, il ne peut pas recommencer sa formation dans le supérieur. C’était une véritable porte qui se refermait devant les étudiants et qui les empêchait de recommencer une formation. Or, 60% des jeunes sans emploi à Bruxelles n’ont pas de formation dans le supérieur".

Mais la Fédération des Etudiants francophones critique les critères qui permettent d’octroyer une bourse d’étude. Précédemment, c’était le critère de réussite. A présent, c’est le critère de "finançabilité". Pour la ministre, "le problème avec le critère précédent, c’est que les jeunes apprenaient tardivement dans leur parcours qu’ils n’étaient plus finançables. Il faut que l’étudiant sache plus vite s’il a droit ou non à une bourse. Mais on ne peut pas faire sans critère".

Bientôt des économies ?

La Fédération Wallonie-Bruxelles accuse un déficit de plus de 708 millions d’euros. Alors quels secteurs seront à la diète ? Valérie Glatigny rassure : "Il ne faut pas imposer une politique d’austérité à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique car ce serait comme renoncer à investir dans le futur de nos jeunes. Le gouvernement a même décidé de débloquer 50 millions d’euros, un financement structurel progressif d’ici 2024". Mais il faudra quand même faire des économies quelque part. Alors quels secteurs seront concernés ? "C’est un peu tôt pour le dire, répond Valérie Glatigny, mais c’est évident qu’on ne laissera pas filer le déficit. On procédera à un screening au moment de l’ajustement 2020".

Revoir le décret paysage

Les étudiants ont la possibilité de passer dans l’année supérieure même s’ils n’ont pas réussi tous les cours. Ils reportent ainsi les cours non réussis à l’année suivante. C’est l’effet du décret paysage adopté en 2014. Problème : seuls 23% des étudiants qui reportent des cours terminent leurs études dans les temps. A ce sujet, la ministre affirme qu’elle va travailler sur certains effets pervers constatés. "Nous allons essayer de redéfinir la notion de réussite. Il est vital qu’un étudiant sache s’il est sur une trajectoire de réussite ou d’échec".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK