Seuls 6,4% d'électeurs flamands souhaitent une Flandre indépendante

Une équipe de chercheurs de la KUL sonde l'importance des préoccupations communautaires parmi l'électorat flamand à l'issue des élections fédérales depuis 1991.

Cette fois encore, l'étude livre des résultats interpellants. Pour le scrutin de mai 2014, l'étude indique une modération des préoccupations institutionnelles.

Lors du scrutin de 2010, une réforme de l'Etat figurait encore au rang de priorité pour près de 20% des électeurs de Flandre. En 2014, seuls 5,7% des sondés estiment qu'une nouvelle réforme de l'Etat est un des trois critères principaux dans le choix d'un parti. En 2014, les premières préoccupations des électeurs flamands sont l'emploi, les soins de santé et les pensions. L'institutionnel n'arrive qu'en treizième position.

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Il n'y a que 6,4% d'électeurs flamands qui souhaitent une Flandre indépendante © Tous droits réservés

Les chercheurs de la KUL ont également sondé le sentiment d'appartenance à la Flandre ou à la Belgique.

La part d'électeurs qui se sent "uniquement flamand" est à la baisse : 6,8% en 2014 contre 8% en 2010. Dans le même temps, le nombre de sondés se sentant "uniquement belges" remonte dans des proportions semblables, 13,1% en 2014 contre 10,9% en 2010.

Au total, les électeurs se sentant "uniquement flamands" ou "plus flamands que belges" passent de 35,4% en 2010 à 31,1%.

Dans le même temps, les électeurs se sentant "uniquement belges" ou "plus belges que flamands" sont en augmentation, de 23,3% à 29,8%. Une évolution notable. On notera que les flamands se sentant "autant flamands que belges" recule légèrement, de 41,3% à 38,7%.

Quelle Flandre à l'avenir ?

L'étude se penche aussi sur les souhaits d'évolution institutionnelle en Flandre. Au lendemain des élections de 2014, ils ne sont plus que 6,4% à souhaiter une séparation de la Belgique.

En 2010, l'indépendance de la Flandre séduisait un nombre record de 12% des sondés. Les résultats tendent à montrer que la sixième réforme de l'Etat satisfait une grande partie de l'électorat. Un peu plus d'un tiers souhaite que l'on confie plus de compétences aux entités fédérées. Pour la première fois depuis la création de cette étude, la volonté de donner plus de pouvoir aux Communautés et aux Régions est en baisse.

Ces résultats sont étonnants au regard du succès de la N-VA lors des dernières élections. Le parti nationaliste a recueilli 32,4 % des suffrages au niveau fédéral. Selon les chercheurs de la KUL, la N-VA est parvenue à séduire un électorat varié grâce un style différent et un discours axé sur le renouveau politique.

Le parti vise aussi une partie des électeurs de l'Open-VLD et du CD&V, avec un positionnement socio-économique très à droite.

Par ailleurs la N-VA a vidé une partie des fidèles du Vlaams Belang avec un discours musclé sur l'immigration. Mais les chercheurs de la KUL reconnaissent aussi que la thématique communautaire ne se limite pas aux questions purement institutionnelles. En opposant un modèle flamand à un modèle wallon, la plupart des propositions du programme de la N-VA peuvent revêtir un aspect communautaire.

B. Hupin et H. Messoudi

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