François De Smet: "Il n'y a aucune hypocrisie entre ce que Theo Francken dit, pense et fait"

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Myria, le centre fédéral Migration a présenté ce jeudi au Sénat un texte sur les expulsions d'étrangers en situation irrégulière. Le centre s'interroge sur les coûts financiers et humains d'une telle mesure. François De Smet, directeur de Myria, était au micro de Matin Première. 

Le ministre à l'Asile et à la Migration Theo Francken montre et démontre qu'il ne cesse de renvoyer des migrants. Mais pour François De Smet, on ne constate pas pour l'instant de réelle augmentation dans les rapatriements directs. "On est toujours à peu près à 4600 rapatriements par an et il y a à peu près le même nombre de retours volontaires," explique François De Smet. Et pourtant les budgets augmentent. "On est passé de 63 millions dédicacés aux retours forcés en 2014 à 85 millions d'euros".

Theo Francken assume sa politique et en fait même la publicité sur Twitter

Pourquoi toute cette communication? Selon François De Smet, en tant qu'homme politique,"Theo Francken veut montrer qu'il y a un infléchissement entre ce qu'il y avait avant et maintenant." Si, en effet, "sur bon nombre de dossiers il y a amplification, ce n'est pas non plus la N-VA qui a inventé les centres fermés."

Selon le directeur de Myria, il n'y a pas de rupture dans les faits, mais bien dans la communication: "Theo Francken assume sa politique et en fait même la publicité sur Twitter (...) On a beau ne pas aimer le personnage, il faut reconnaître qu'il n'y a aucune hypocrisie entre ce qu'il dit, ce qu'il pense et ce qu'il fait. Et ça, c'est nouveau. Ce n'est pas le cas de ses prédécesseurs qui avaient parfois une politique aussi ferme mais qui ne la mettaient pas en avant."

Pour François De Smet, cette politique a toutefois un 'coût démocratique': "Le gouvernement semble avoir décidé que le fait de vouloir éviter tout risque de mini Calais vaut plus - dans l'échelle de normes - que le fait de négocier avec le régime soudanais pour renvoyer des gens chez eux."

L'appel d'air, entre fantasme et réalité

Selon lui, "la crainte de l'appel d'air est l'alpha et l'omega de la politique migration qu'on vit." Et ce, alors que "je ne vois pas de chiffre qui permet de prouver qu'il y a effectivement appel d'air".

Pour François De Smet, "il y a une part de fantasme et une part de réalité dans cette idée d'appel d'air. Je ne pense pas que les gens vont se bousculer pour être hébergé chez l'habitant ou dans un centre fermé. Mais c'est aussi le discours des passeurs. On a eu le coup avec des Irakiens, qui sont rentrés chez eux. Sans doute parce qu'ils ont constaté une différence entre ce qu'on [les passeurs] leur avait promis et ce qu'ils ont vu." 

Au sujet de ces passeurs, François De Smet concède: "Il y a bien un lien entre criminalité et trafic d'êtres humains. On remarque que depuis la vague migratoire de 2015-2016, il y a une augmentation des dossiers de trafics sur les aires d'autoroute." Mais, le directeur de Myria tient à le rappeler: "Les premières victimes de ces trafiquants, ce sont les migrants eux-mêmes." Dès lors, se demande-t-il, "pourquoi ne pas plus collaborer avec les Soudanais alpagués au parc Maximilien afin de démanteler les filières de trafiquants?"

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