Il l'assure: Michel Daerden n'était ni saoul ni moqueur

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Michel Daerden était-il saoûl ? Michel Daerden s'est-il moqué ? Michel Daerden parle-t-il mal le néerlandais ? Aux deux premières questions - l'alcool et la moquerie - le ministre a répondu deux fois "non" lors de son allocution de Nouvel An à Liège.

La réponse en néerlandais du ministre fédéral Michel Daerden à une question qui lui était posée sur le futur du système des pensions crée la polémique. Polémique parce qu'elle était en néerlandais - on n'a pas l'habitude d'entendre Michel Daerden dans cette langue. Polémique aussi à cause du ton employé - que certains sénateurs flamands ont perçu comme moqueur.

La N-VA estime que Michel Daerden était ivre ce jeudi et elle demande sa démission.

Ce samedi midi à Liège, à l'occasion de ses bons voeux, Michel Daerden a réagi. Il insiste sur la qualité de sa propre réponse : "Il n'y a pas d'alcool, il n'y a pas de moquerie, simplement la volonté de bien faire. Qu'est-ce qu'elle veut, la Flandre ? Que les ministres francophones parlent néerlandais. J'ai fait toute ma réponse en néerlandais. Et après ça, on dit que je suis saoul. C'est à mourir de rire".

Dans la salle du Forum à Liège qu'il remplit une fois par an pour ses bons voeux, le ministre des Pensions a pu compter sur un soutien socialiste de poids : le président du parti. Elio Di Rupo a estimé lui aussi que la prestation en néerlandais de Michel Daerden au Sénat n'avait rien de choquant : "Bon, la manière avec laquelle il s'est exprimé est habituelle, sa réponse était normale. Cela n'a rien à voir avec l'alcool".
Une tempête dans un verre... d'eau

La polémique partie d'internet a gonflé depuis vendredi et a même suscité un communiqué du Premier Ministre. Yves Leterme qui a eu un contact avec Michel Daerden pour s'assurer de la version de son ministre.

Si l'incident est clos, le Premier ministre n'en rappelle pas moins qu'un ministre doit remplir ses fonctions avec dignité. En revanche, il n'est bien sûr pas question de démission pour Michel Daerden comme le réclamait la N-VA.
C'est un épisode où chacun joue son rôle à fond, à la limite de la caricature.
La très nationaliste flamande N-VA qui s'en prend à la "bonhommie" d'un Wallon, dont elle réclame la démission; et le Gainsbourg de la politique belge qui pimente , d'une solide dose d'auto-dérision, sa réponse sur le très sérieux dossier des pensions; un sujet que la N-VA sait sensible dans l'opinion publique (plus encore en Flandre), mais qu'elle aura mis plus de 24 heures à exploiter, c'est à dire le temps que la séquence devienne un buzz sur internet.
Mais Michel Daerden n'est pas pour autant une simple victime expiatoire d'une attaque classique de l'opposition; il est aussi victime de sa propre Daerdenmania... De cet art aussi dangereux que difficile de mélanger les genres. Difficile de poser pour Paris Match, de jouer les saltimbanques sur les plateaux de télévision, de fêter la victoire à la buvette du Standard et de ne pas s'exposer au scepticisme quand on réintègre ses fonctions politiques. 
Jusqu'ici, son parti, le PS, ne voit rien à reprocher à Michel Daerden, toujours considéré comme une vraie machine à calculer. Le gouvernement lui aussi assume. Yves Leterme qui partage l'analyse de Michel Daerden sur le fond, donc sur la question de savoir si les pensions pourront continuer à être payées, passe l'éponge sur la forme.  

Marc Mélon - François Braibant - Pierre Magos

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