"Il faut être très prudent avec la réouverture de nos écoles" estime l’infectiologue Frédérique Jacobs

L’épidémie ralentit sa progression chez nous, comme en témoigne le recul des contaminations et du taux de positivité. Une tendance favorable que l’on pourrait peut être attribuer aux premières mesures prises pour enrayer la progression de l’épidémie. On pense ici à la fermeture des cafés et restaurants et aux différents couvre-feux mis en place. On sait également que d’autres mesures additionnelles joueront sans doute un rôle, comme la fermeture des écoles pendant 15 jours. Alors, faut-il déjà s’alarmer de la reprise des cours ? Sur le plateau de Questions en prime, l’épidémiologiste Yves Coppieters tient à rappeler une distinction importante qu’il y a lieu de faire entre les niveaux d’enseignements.

"Il faut dissocier l’école maternelle et primaire de l’enseignement secondaire et supérieure. L’école maternelle et primaire est nécessaire au niveau pédagogique, mais elle permet également aux parents de pouvoir travailler ou télétravailler dans de bonnes conditions".

laisser les écoles fermées avec des jeunes qui se voient entre eux n’est pas non plus une bonne idée

En poursuivant à propos des plus de 12 voire 15 ans : "Il y a en outre beaucoup de contradictions scientifiques sur l’éventuelle propagation du virus. Si on laisse les écoles fermées plus longtemps pour les plus grands enfants ou que l’on organise de l’enseignement à distance, il serait intéressant de pouvoir analyser le véritable poids épidémiologique de l’ouverture des écoles maternelles et primaires".

Frédérique Jacobs, cheffe du service d’infectiologie à l’hôpital Erasme, abonde également dans ce sens : "Pour les moins de 12 ans, le risque est moindre et on l’a démontré notamment en mai et juin dernier avec la reprise des cours. Pour les plus âgés, cela pourrait être un problème. Maintenant, laisser les écoles fermées avec des jeunes qui se voient entre eux n’est pas non plus une bonne idée, d’autant qu’à l’école, des protocoles ont été mis en place. Il faudra, quoi qu’il en soit, rester très prudent et suivre attentivement les contaminations".

Faut-il annuler le réveillon de Noël ?

Comme l’a expliqué le Premier ministre Alexander De Croo ce matin sur l’antenne de la Première, les fêtes de fin d’année ne seront pas comme elles l’ont été l’année passée. Par contre, il est actuellement impossible de prévoir quelles seront les mesures en vigueur à ce moment-là.

Une vision logiquement partagée par l’infectiologue Frédérique Jacobs :"Ce qui est dangereux, c’est de mélanger les générations dans un lieu fermé avec peu d’aération. Les réunions de famille sont des milieux de propagation du virus très important… Il ne faudrait pas qu’on offre un respirateur au grand-père pour la Noël. Idéalement, il faudrait donc se limiter aux personnes vivant sous le même toit avec un nombre limité de personnes extérieures. Des grands rassemblements risquent de nous faire perdre tous les bénéfices de ce confinement".


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Pour Yves Coppieters, on ne connaît pas encore précisément la vision politique et la vision de société sur ce sujet : "Est-ce que l’on veut parvenir à un taux de transmission du virus en dessous des 100 personnes par jour et dans ce cas, oublier les fêtes de Noël et poursuivre le confinement jusqu’à février-mars prochain ? Ou est-ce que l’on peut se permettre un taux de transmission plus important et donc relâcher un peu la pression, à tout le moins à Noël ? Cela ne signifierait pas non plus qu’il pourrait y avoir des réunions de famille de 20 personnes, mais plutôt de 4 ou 5 personnes, en protégeant bien entendu les personnes les plus vulnérables".

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