Il faudra encore attendre quelques semaines pour voir l'avortement totalement dépénalisé en Belgique

Ce n’est pas vraiment une surprise, le parcours de la réforme de la loi sur l’avortement n’est pas encore terminé. Alors qu’un premier vote est intervenu ce soir en commission justice, les partis opposés à ce texte ont choisi d’utiliser la procédure pour ralentir le vote final sur le texte.

Ainsi, le CD&V a demandé une deuxième lecture. Cela a pour conséquence de reporter l’examen du texte en séance plénière de minimum deux semaines.

Cela dit, si le vote final est ainsi retardé, cela ne devrait pas empêcher le texte de passer puisque, en commission ce mercredi, la majorité des députés ont voté en faveur de la réforme. Les députés PS, SP-A, Open VLD, MR, Ecolo, Groen et le PTB se sont donc accordés sur une dépénalisation totale de l’interruption volontaire de grossesse (pour les patientes et les médecins), sur la réduction du délai de réflexion imposé aux femmes qui souhaitent avorter de 6 jours à 2 jours et sur l’allongement du délai légal pour pratiquer un avortement, qui passe de 12 à 18 semaines après la conception. DéFi qui ne peut pas voter en commission soutient le texte. 

Le délai de 18 semaines au cœur des débats

Ce délai a été très débattu en commission ce mercredi, fustigé par les opposants au texte.  Plusieurs questions ont été posées sur le choix des 18 semaines.    "Quelle est la motivation des 18 semaines ? Pourquoi pas 20 ou 14 ? Je ne l'ai pas encore entendu. Je sais seulement que l'avortement sera beaucoup plus difficile physiquement et psychologiquement et que le fœtus sera bien plus formé et se rapprochera du seuil de viabilité", a souligné Valérie Van Peel (N-VA).  Pour la CDH Catherine Fonck : "A 18 semaines, le fœtus fait 20 cm et est déjà développé au niveau neurosensoriel. Il est, de plus, proche du seuil actuel de viabilité."

Des arguments balayés par les partisans de cette reforme qui rappellent que chaque année plus de 500 femmes qui ont dépassé le délais imposé en Belgique se rendent aux Pays-Bas où l’on peut avorter jusqu’à 22 semaines.

La député MR Kattrin Jadin a aussi indiqué que "le changement de législation a pour but d'encadrer le droit à l'avortement en Belgique et surtout d'améliorer ses conditions d'accès".  Alors que pour le PS,  Eliane Tillieux a défendu le droit des femmes à disposer de leur corps et la liberté de choix sans crainte d’une sanction pénale.

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