"Il faudra attendre février ou mars pour espérer un déconfinement" estime Catherine Linard, géographe de la santé à l’UNamur

Avec un taux de reproduction du virus supérieur à 1 dans plusieurs provinces du pays, nous sommes encore loin d’être débarrassés de l’épidémie. Les différents indicateurs ont d’ailleurs tendance à stagner à un niveau trop élevé. Bref, tout ceci n'augure rien de bon, et la date d’un éventuel déconfinement s’éloigne encore.

Un assouplissement des mesures sanitaires dès le 15 janvier semble d’ailleurs totalement irréaliste, à entendre Catherine Linard, géographe de la santé : "au vu des chiffres des hospitalisations, on est encore loin des objectifs que s’est fixé le gouvernement. Un déconfinement à la mi-janvier semble impossible. Selon les dernières versions du modèle, il faudra attendre février ou mars pour espérer un l'envisager, si les chiffres diminuent à la vitesse actuelle".

Fermer les frontières ?

En Allemagne, aux Pays-Bas, les autorités ont pris des mesures drastiques, notamment au niveau des commerces, ce qui fait redouter un afflux de clients dans les communes transfrontalières. Alors, pourquoi ne pas fermer les frontières ?


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Pour Philippe Devos, chef des soins intensifs au CHC de Liège, une telle mesure n’aurait pas beaucoup de sens actuellement : "la situation n’est plus la même qu’en mars dernier. Aujourd’hui, au niveau de l’épidémie, il y a plus de différences entre Verviers et Gand qu’entre Verviers et Aix la Chapelle. Il y a plus de différences entre certaines zones du pays qu’entre deux zones séparées par une frontière... L’idée de fermer les frontières ne serait donc ni très utile, ni très efficace".

Limiter le périmètre des déplacements ?

Selon Philippe Devos, des restrictions dans le périmètre de déplacements est quelque chose qui risquerait de se produire. "Si toutes les mesures actuelles ne donnent pas les effets suffisants escomptés, c’est l'une des possibilités. Il s'agirait de limiter au maximum les déplacements, et d’inciter les employeurs à respecter plus strictement le télétravail".

Pour la géographe de la santé, cette stratégie ne serait pas forcément optimale : "cela limiterait incontestablement la propagation du virus, et ce serait un message clair pour que chacun reste chez soi. Cela permettrait en outre également d’éviter des rassemblement dans les lieux fréquentés. Mais il serait plus logique de s’attaquer à ce qui nous fait sortir de chez nous... Il serait plus utile de refermer les musées et les commerces non-essentiels avant d’imposer un périmètre de déplacement autour de chez soi".

Maintenir, durcir ?

Un quelconque assouplissement des mesures sanitaires semble donc totalement exclu. Alors nos autorités vont-elles se contenter du statu quo ? Vont-elles se contenter de hausser le ton en insistant sur la répression ? Ou vont-elles pour un durcissement des mesures ? Réponse vendredi, à l’issue du comité de concertation.

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